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Happy Sweden : Recontre Avec Ruben Ostlund [page 1]

Par Vincent Martini - publié le 15 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 15 octobre 2009 à 13h48 - 0 commentaire(s)
Happy Sweden est l'une des jolies surprises du cinéma suédois contemporain. Avec son ton oscillant entre sensualité débridée et froideur des sentiments typique des pays nordiques, le film se montre contre toute attente des plus sympathiques dans cette peinture générationnelle des petites et grandes névroses de la Suède d'aujourd'hui. Une rencontre avec Ruben Ostlund, le réalisateur du film, nous a permis de confirmer tout le bien que nous pensons de l'oeuvre et vous permettra de goûter à cette ambiance si singulière, si communicative.

Quelles sont vos inspirations pour les cinq histoires que forment Happy Sweden ?
En fait, chaque histoire m’est proche à un niveau ou à un autre et je peux vous donner des exemples concrets de situations vécues qui influencèrent l’écriture du film.
Si je prends l’exemple de l’institutrice, il s’agit de ma mère et le test des lignes tracées sur une feuille (NdlR : Une écolière doit déterminer laquelle des deux lignes tracées sur une feuille de papier est la plus longue, A deux reprises, les autres élèves sont en désaccord avec elle, mais la troisième fois, l’élève change d’avis pour la plus courte) est une expérience pratiquée par ma propre mère dont je me souviens très bien. Cette séquence montre bien, à mon sens, le pouvoir du groupe sur un individu seul.
Les cinq histoires tendent à montrer comment un groupe de personnes prend l’ascendant sur les êtres esseulés. Que vous soyez jeunes ou plus âgés, pauvres ou riches, toutes les classes sociales sont concernées par ce phénomène. C’est la base du récit ici.
Chaque histoire trouve sa source dans mes souvenirs ou ceux d’amis ; par exemple, celle du conducteur de bus est arrivé à l’identique à une connaissance qui voyageait dans un car ! Le film se nourrit de scènettes de la vie quotidienne.



Et cela n’a pas été trop compliqué d’en écrire le script ?
Non, ce n’était pas trop difficile. Vous savez, je ne suis pas un cinéaste qui s’assoit longtemps pour écrire ; si je n’ai pas une idée directement, je n’arrive pas à me lancer sur quelque chose de constructif. Il me faut une idée initiale pour écrire.
Quand j’ai travaillé sur l’histoire de l’institutrice, j’y ai incorporé des éléments qui proviennent de mes cinq ans.

C’est étonnant d’avoir des souvenirs aussi précis de cette période...
Je crois que ce n’est pas si bizarre de garder des sensations intactes de l’enfance, on est tous marqués par plus ou moins de rencontres, de réactions reliées à notre propre espace affectif comme vous, j’imagine (rires).

Quels sont les difficultés dans la construction d’un film avec autant de personnages ?
C’est un challenge car on peut créer des milliers de combinaisons dans les rapports entre les protagonistes. Le scénario initial n’était pas multi-narratif mais développait plusieurs récits distincts et finis avant de passer à la suite. Cette volonté de raconter l’histoire en fragmentant les séquences s’est imposée naturellement par la suite. Le montage a été très révélateur à ce sujet car de l’ordre des séquences dépend le fonctionnement de tout le film. C’est un processus plutôt long mais très formateur et nécessaire !


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