Helena Bonham Carter est une actrice singulière. D'abord l'évidence : sa beauté classique, inclassable et hors du temps, qui l'a longtemps qualifiée pour des grands rôles du patrimoine anglais (notamment auprès de James Ivory). Elle n'est pas une femme au physique stéréotypé que l'on étalerait à la une d'un magazine sans âme. Elle a quelque chose d'envoûtant et de tourmenté, de romantique au sens littéraire du terme (qui la rapproche plus des héroïnes de Henry James, qu'elle incarnera d'ailleurs). La première partie de sa carrière épouse donc ce registre avec élégance. Mais elle s'écarte bientôt de cette voie trop sage, s'aventurant dans la légèreté de Woody Allen, devenant une égérie destroy et suicidaire pour David Fincher, et enfin une muse protéiforme et parfois méconnaissable pour Tim Burton. Le visage d'Helena Bonham Carter reflète ses rôles avec intensité. Cela peut paraître un cliché quand on parle d'un acteur, c'est pourtant particulièrement éloquent lorsque l'on feuillette ses portraits.
