Par Julien Dupuy - publié le 20 octobre 2008 à 14h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h46 - 0 commentaire(s)
Depuis Blade 2, chaque nouveau film de Guillermo Del Toro marque une progression radicale dans la maîtrise et l’intégration des technologies numériques dans le cinéma live. Et comme on pouvait s’y attendre, Hellboy 2 les légions d'or maudites ne faillit pas à la règle.



Londres
Si la quasi-totalité des effets spéciaux visuels du premier Hellboy avaient été assurés par des compagnies californiennes, c’est à Londres que la postproduction du second opus est installée. Deux principales raisons à ce choix : économique tout d’abord, les crédits d’impôts accordés aux productions américaines par le gouvernement britannique permettant d’effectuer d’appréciables coupes budgétaires. Cette dure loi des chiffres contraignit d’ailleurs Del Toro à délaisser certains de ses plus précieux collaborateurs, comme Deak Ferrand de Hatch! qui dut se contenter en tout et pour tout d’un seul matte-painting (l’extérieur du BPRD) et de quelques peintures conceptuelles.
La seconde raison est purement pratique : là où une postproduction basée à Los Angeles fait perdre un temps considérable aux réalisateurs qui passent leur temps bloqués dans les embouteillages pour aller d’une société à une autre, Londres concentre dans le minuscule quartier de Soho un nombre incroyable de compagnies idoines. Ainsi, quelques minutes à pied séparaient la salle de montage d’Hellboy 2 les légions d'or maudites, du mixage et des compagnies chargées des effets spéciaux. Et pour l’anecdote, c’est sur ces quelques milliers de mètres carrés que furent terminés simultanément au printemps dernier les plus grosses productions de l’année, de Le monde de Narnia – chapitre 2 : le Prince Caspian à The Dark Knight en passant par La Momie 3 : la tombe de l’empereur Dragon.



Double Negative
Même avec cette délocalisation, le budget alloué à Hellboy 2 les légions d'or maudites ne permet pas à Del Toro d’obtenir tous les plans truqués souhaités. Universal va donc passer un accord avec la compagnie Double Negative, qui vient de terminer pour eux une petite partie des FX d’Evan tout puissant. Si cette compagnie s’est illustrée sur des films techniquement aussi brillants que Les Fils de l’homme, Cloverfield ou la saga Harry Potter, elle n’a en revanche jamais eu l’occasion de démontrer ses compétences en matière de personnages en image de synthèse, à l’exception déjà ancienne de Pitch Black. Inutile de préciser que le gros millier de plans truqués conçus pour Hellboy 2 les légions d'or maudites en 18 mois offrait une exposition idéale au savoir-faire de Double Negative. Au final, la compagnie aura en effet conçu seize personnages en image de synthèse sur ce seul film et le tout pour un tarif défiant toute concurrence.




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