Par Florent Kretz - publié le 12 décembre 2008 à 09h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h24 - 0 commentaire(s)
And here we go! Nous voilà à nouveau réunis pour célébrer l’un des plus grands films des années 80... Que dis-je? De tous les temps surtout ! Car il bien question de cela cette semaine : de moments impérissables, réapparaissant comme neufs à chaque nouvelle vision, et sachant faire ressortir en nous certains attraits de notre sensibilité. Et elles sont rares ces œuvres géniales. Suffisamment rares pour qu’on rappelle leur caractère sublime et intemporel. Suffisamment exceptionnels pour que les quelques défauts (que l’on reconnaîtrait chez d’autres) s’acclimatent à notre humeur et s’incarnent ensuite en improbables qualités. Suffisamment populaires pour que l'on ait tendance à les affilier à quelques autres produits commerciaux soigneusement emballés lorsqu’ils méritent d’avantage de reconnaissance. Highlander fait partie de ces films. Highlander est de ceux qui vous retournent et qui vous ébranlent à chaque nouvelle projection. Au point qu’il faudrait être habité d’une sacrément mauvaise foi pour ne pas se laisser bercer par cet étrange conte, à la frontière du drame mythologique et de la fable fantastique… C’est pour des films comme ceux là que la rubrique est née ! C’est par des films comme ceux là qu’elles s’éteindra ! C’est pour le partage d’une œuvre aussi unique qu’Highlander que Popcorn Reborn a été lancé vainement : pour le plaisir de défoncer des portes ouvertes en scandant haut et fort de grandes vérités, acquises dans l’inconscient collectif d’une autre génération mais bien souvent délaissées des plus jeunes ! Pour la joie que procure le fait d’exposer sa passion pour l’obsolète dans une ère dédiée à l’innovation hypocrite et inexistante… Peut être l’énumération de certains moments majeurs du Cinéma d’hier méritent d’être rappelée pour souligner leur modernité immuable et ainsi désigner d’un doigt accusateur la stérilité d’une production pourtant de plus en plus féconde ?

Pour illustrer le malaise qui entoure l’imaginaire des scénaristes actuels quitte à les embrumer totalement, vous nous accorderez le soin de rappeler une scène pas inintéressante pour un sou dans un film relativement récent. Que ceux qui s’inquiéteraient d’une hypothétique prose onaniste à suivre se soulagent d’emblée : les divagations ne dureront que quelques lignes et elles ne sont présentes que pour insister sur la dimension unique d’un film comme celui de Russell Mulcahy, à l’heure où certains planchent actuellement sur une relecture moderne des aventures de l’immortel… Ainsi, c’est dans l’efficace et sublime Strange Days de Kathryn Bigelow que Tom Sizemore tient un monologue plutôt bien pensé. Alors que tous craignent le chaos absolu découlant d’une fin de siècle imminente, l’acteur propose une explication qui, étrangement, n’est en rien saugrenue : l’anarchie et la fin des choses est légitime puisque tout à déjà été fait ! Il appuiera même sa théorie sur l’incapacité des faunes à se renouveler et à surpasser les mentors… Raisonnement intéressant lorsque l’on constate le nivellement permanent vers les bas que subissent la culture et l’éducation. Pourtant, la belle réalisatrice d'Aux frontières de l’aube peut se targuer de clôturer son film de 1995 de la plus belle manière qui soit : dans un climax spectaculaire, maîtrisé, inégalable et inédit ! Mais quel est le rapport entre le film traité aujourd’hui et ce manque évident de délicatesse envers les propositions contemporaines ? Aucun ! Ou plutôt si, si l’on considère avec insistance le fait que l’histoire de Gregory Widen est en rien originale puisque, de ses propres dires, "clamer que l’immortalité, c’est pas cool" ne date pas d’hier ! Aussi, si tout a déjà été dit, tout a déjà été vu et tout a déjà été fait, peut être est-ce la réinterprétation intelligente qui ferait office de solution ? Ou sommes nous sans doute témoin d’une carence en sensibilité et en imagination au sein de la joyeuse industrie du spectacle ?
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