Son oeuvre est plus décevante dans les années 90 (notamment vers la fin de la décennie avec
Sabrina ou
l'Ombre d'un soupçon). Cependant,
La Firme en 1993, est un film assez précurseur sur une entreprise quelque peu envahissante. Le jeune avocat incarné par Tom Cruise se voit littéralement happé par cette organisation dont il veut dénoncer les dérives, ce qui le met en danger (après un début idyllique et toutes les apparences du rêve américain que le cinéaste s'emploie ensuite à désagréger). C'est efficace, engagé et paranoïaque comme
les Trois jours du condor, mené de main de maitre. Pollack y apparaît d'ailleurs en tant qu'acteur, ami et mentor du personnage principal.
Sa carrière d'acteur est surtout marquée par sa participation à
Eyes wide shut (où il est d'ailleurs encore lié à Tom Cruise dans une sombre histoire), sa prestation dans le très audacieux et nerveux Maris et femmes de Woody Allen. Il était également récemment à l'affiche de
Michael Clayton. On sent chez lui une motivation politique, un engagement discret et constant. Cet intérêt se confirmait avec
L'Interprète en 2005, premier film tourné aux Nations Unies, avec Nicole Kidman dans le rôle d'une traductrice qui a connaissance d'un complot contre un dictateur africain imaginaire et Sean Penn qui la protège.
C'est donc une grande voix qui s'éteint, généreuse, émouvante et multiple, qui a réalisé des films qui font partie de nos vies. C'est une perte immense pour le monde du septième art. C'est aussi l'un de ces compagnons de route qui disparaît, quelqu'un qui nourrissait notre passion (comme Spielberg ou Kubrick), depuis longtemps, un artiste qui nous a donné beaucoup de nos plus belles émotions et de nos plus belles années cinéphiles.