Mercredi prochain, le héros monstrueux de chez Marvel va se représenter à un public qui l’avait rencontré il y a quelques temps dans la version d’Ang Lee et surtout dans un accueil à demi teinte. L’approche de Leterrier étant tout à fait différente des expérimentations artistiques du réalisateur taïwanais, il est tout de même fort agréable de trouver derrière un déluge de destructions massives le développement et la profondeur d’un Banner bien trop souvent oublié au profit du personnage colossale et rageur. Bref, retour sur ce Dr Jekyll et Mr Hyde de l’univers comics qui derrière ses élans dévastateurs cache un être sensible et véritablement brisé.

S’il est bien question de pulvérisation dans la mythologie consacrée au géant vert créé par Jack Kirby et Stan Lee, il s'agit avant tout d’anéantissement de soi, le personnage de scientifique timide qu’est Bruce Banner se battant toujours un peu plus face à ses pulsions qui risquent de laisser place à l’ignominie qui sommeille en lui. Bien plus qu’une simple facette sombre et colérique de sa personnalité, le Hulk, qui règne dans les tréfonds de son inconscient, attend véritablement son heure pour définitivement éclipser une façade retenue et polie, enclin à tout devoir supporter. D’ailleurs, alors même que pendant longtemps l’analogie avec la double incarnation lâchée du génie de Stevenson était totalement avérée, on pu surprendre dans certains numéros du comic consacré au grand destructeur une toute autre origine, quelques scénaristes se basant même sur une sous-intrigue dévoilant que le Hulk existait en Banner bien avant que celui-ci soit exposé aux rayons gamma.