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Hulk Contre Banner [page 3]

Par Florent Kretz - publié le 21 juillet 2008 à 10h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h31 - 0 commentaire(s)
Norton offre à son personnage humain, en effet, une dimension oubliée depuis quelques temps dans les comics mais qui fit son petit revival dans les derniers plans du film mettant en scène Eric Bana: celle d’un vagabond… Mais là ou le film poétique de 2003 proposait un Banner fuyant ses poursuivants, la version de Leterrier va aller plus loin, s’affiliant aussitôt à l’une des thématiques centrales de la série ayant pour vedettes le tandem Bill Bixby/Lou Ferrigno, désignant alors le personnage joué par Norton comme un homme tentant, traditionnellement, de s’échapper des griffes de l’armée mais surtout de se fuir lui-même. C’est cet approche qui parvient à redonner du prestige à une figure mythique de la maison Marvel, la brute devenant soudain beaucoup moins prestigieuse et purgative dans la destruction mais tellement plus cathartique dans cette vision déchirante: il s’agit bel et bien d’imprécation et non plus d’une chance ou d’une puissance un peu maladroite et surtout encombrante, Banner cherchant par tous les moyens à se priver de tout ce qui pourrait réveiller la bête somnolente qui semble n’attendre qu’une étincelle pour exploser mais qui apparaît surtout comme désespérément se détester lorsqu’elle existe physiquement, consciente de sa difformité et de l’horreur qu’elle fait naître par sa furie mais ne comprenant absolument pas cet état de rejet… Un problème se pose alors, transportant la dualité Banner/Hulk au centre d’un cercle vicieux qui malheureusement risque de ne pas trouver de fin: tandis que Hulk incarne la réponse violente et démesurée à cet effroi naïf et enfantin, il naît de l’incapacité de Banner à accepter le refoulement salvateur dont il devrait pourtant faire preuve: Banner se fuit géographiquement mais aussi psychologiquement, n’acceptant jamais sa double nature comme s’il refusait de reconnaître ses faiblesses et ses erreurs du passé. Ainsi, il tente, toujours dans la cuvée filmique 2008, de se maîtriser totalement physiquement et moralement, s’habituant à accepter tous débordements ou toutes provocations au risque de ne devenir qu’un défouloir pour ceux qui l’entourent. Et assez bizarrement, c’est cet abandon total de toute réaction chez lui qui offre toujours un peu plus d’ampleur à sa rage, la frustration grandissant à chaque accroche, l’impuissance forcée offrant toujours un peu plus de forme à la créature…



Banner, par son choix de ne jamais se libérer de cette pression, provoque au fond de lui cet être ulcéreux dont la bile sert de sang alors même que s’il se décidait à s’affronter pleinement, il parviendrait à se retrouver entier. Il semble alors évident que si les deux monstres -celui qui décide de s’ignorer et celui qui n’est fait que de terreur- ne souhaitent jamais se rencontrer et s’accorder à devenir un nouvel être plus modéré, c’est avant tout par peur de se voir disparaître à jamais, Banner préférant peut être laisser libre court à ses pulsions le temps de quelques heures pour ne pas à avoir à assurer les responsabilités collatérales qui suivent généralement ses pulsions haineuses et inconsolables. Pourtant, la réponse à la détresse de chacun semble bien être dans leur antagoniste respectif: Banner voyant, peut être, en son rejeton terrible l’exutoire de toutes ses frustrations (sexuelles, physiques, sociales…) et une revanche de ne pas pouvoir être comme les autres, et Hulk, enfant incontrôlable, cherchant peut être un maître qui saurait l’aimer, l’accepter et l’apaiser… Peut être que la seule solution serait que les deux s’offrent mutuellement pour donner naissance à un nouveau personnage, comme celui développé dans l’une des séries de la Marvel depuis quelques temps, la créature verdâtre possédant maintenant le corps du monstre et l’esprit du génie. Cependant, vu la sourire final du scientifique dans la version de Leterrier, on se permettra de douter: les deux semblent bien s’être acceptés mais pas forcément pour le meilleur…
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