De fait, nombreux sont également les métrages qui furent désireux d’incarner la résistance aux nazis ou sa complice absence. La Rose blanche et
Black Book de
Paul Verhoeven,
La Passante du Sans-souci de Jacques Rouffio,
Le Dernier métro ou l’insignifiante
La Vie est belle de Benigni sont des exemples parmi d’autres de cette opposition tantôt dure, tantôt émouvante, à l’instar du très jubilatoire
Train de vie de Radu Mihaileanu. A l’inverse,
Amen, Lucien Lacombe de Louis Malle,
Le Chagrin et la pitié d’Ophüls,
Kapo de Gilles Pontecorvo,
Monsieur Klein de
Joseph Losey ou
Papy fait de la résistance donnent à voir le versant obscur et taiseux d’une Europe qui tira profit de l’occupation hitlérienne. En définitive, du futur
Walkyrie de Bryan Singer à Allemagne, mère blafarde, ce sont autant de visages de l’Allemagne qui se donnent à voir et plus encore d’attitudes qui parcourent tout le spectre des possibles.
Miroir de l’humanité dans tous ses extrêmes, l’Allemagne nazie cristallise par conséquent tout ce qui fit de l’expansionnisme nazi, l’intolérable et sidérant avilissement d’une épopée sanguinaire, aussi insensée qu’abjecte. Qu’elle serve elle-même ses noirs desseins avec les films de Leni Riefenstahl ou qu’elle soit choisie par les plus grands comme écrin morbide, ce pays, ce peuple et par extension, tout ce qu’il provoqua d’épouvantable dans les pas d’Hitler, ne peut donc être oublié. Et le cinéma s’il se charge d’en éprouver la mémoire et de la documenter, n’en reste pas moins le vampire parfait de ces années immondes. Rarement pour le pire et souvent pour le meilleur.