Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 06 août 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h25 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la concomitance dans les salles de deux films qui l'emploient à haute dose, il semble opportun de s'interroger sur le devenir de l'image de synthèse et son impact sur le cinéma. En effet, avec Ratatouille, film d'animation dans sa plus grande splendeur et Transformers, sont approchées les limites de la reconnaissance pour l'œil humain de l'image synthétique.

Apparue dès les années quatre-vingt dans la foulée des effets spéciaux Hollywoodien des seventies, l'image de synthèse s'est généralisée dans la décennie suivante avant d'être complètement banalisée de nos jours. Ainsi, l'image composite s'est imposée et nombreux sont les exemples récents où on la vit triompher discrètement ou non et apporter un plus au film. Notamment un surcroît de crédit et un surplus dans l'élaboration d'un imaginaire plus dense et plus séduisant. La généralisation du tout numérique dans la production et la baisse des coûts liée à son emploi régulier expliquent en sus son nouvel impact et son omniprésence, à tel point que l'on vit même Eric Rohmer dans L'Anglaise et le Duc l'employer.


De fait, incontournable, nous avons tous en tête un film récent dans lequel elle a joué un rôle important. Tout le monde se souvient du T1000 de Terminator 2, des dinosaures de Jurassic Park ou des premières envolées de l'araignée façon Sam Raimi. Plus encore, se souviendra-t-on de la seconde trilogie Star Wars mais aussi des films de Peter Jackson, au premier rang desquels figurent King Kong ou la Trilogie du Seigneur des anneaux.

L'ensemble des productions jouant la surenchère vers le photoréalisme, les films qui y recourent impressionnent donc de plus en plus. Et à mesure qu'on l'emploie, cette dernière tend à disparaître, à se faire et se vouloir de plus en plus invisible. Dans un présent encore proche, elle s'avérait néanmoins toujours décelable. Ainsi, malgré un progrès constant et des tentatives plus ou moins réussies, la fin de Star Wars III ou les retouches numériques apportées à la première trilogie sont encore des épreuves à subir. L'œil saisit le défaut, le démasque et de fait, après un tel dévoilement, génère une déception frustrante. En effet, à l'instar des tours de magie éventés, toute démythification atténue et corrompt l'illusion vériste de l'image, autrefois tacitement admise.


Avec Transformers, ce n'est déjà plus le cas. On croit et adhère à ce que l'on voit et la seule limite à l'adhésion, c'est la situation qui la commande et non sa représentation. Pour sa part, Ratatouille repousse de son côté les frontières de la modélisation et de l'animation assistées par ordinateur, ouvrant pour tous les champs du cinéma, des perspectives sans limites. Il suffit pour s'en convaincre de prêter attention au rendu des lumières de Paris, à la gestion des pelages des petites bêtes ou à l'extrême précision des textures des aliments cuisinés par Linguini. On sait d'emblée que le registre exploré – le film de robots et l'animation – appelle l'irréalité par le trucage et la fausseté mais malgré cela, on se laisse abuser comme jamais auparavant.


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