Toutefois, pour aller dans un sens inverse vers plus de pessimisme, on peut également se demander si au contraire de l'enrichissement prévu, en confiant au numérique les possibilités de recréer le tout, on ne risque pas de perdre ce qui fait la magie du cinéma, celle de l'incident, du fortuit, du contingent ou plus sûrement, celle de l'imparfait. De tels métrages posent dans les faits la question de l'aseptisation du réel par le truchement du numérique car seule, l'image de synthèse cherche et crée de la perfection mimétique, de l'idéal en guise de subterfuge. Elle choisit donc pour nous alors que le réel s'impose toujours dans une certaine part au cinéaste et ne peut être qu'imparfaitement contourné ?

Le débat et les questionnements sont donc loin d'être clos et demain nous réserve sûrement son lot de mutations et de révolutions à venir. Alors pour finir, on notera simplement qu'il est assez drôle de s'interroger sur le futur du cinéma lorsque l'on s'enquiert de la santé d'un petit rat nommé Rémy et de robots géants, rutilants et batailleurs, dont l'un des chefs de bande s'appelle Optimus Prime.