Par Frédérick Lanoy - publié le 03 avril 2009 à 00h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 23h46 - 0 commentaire(s)
Depuis quelques temps sont apparues sur les affiches et bandes annonces de nouvelles mentions quelque part entre le nom du réalisateur et la date de sortie : « A découvrir en IMAX 3D et Real 3D ! », « En Disney Digital 3D !», « In Tru3D ! » avec en général un peu plus loin, très vite et en minuscule « dans les salles équipées. » Au-delà de l’accroche publicitaire, ces annonces ont de quoi déconcerter plus d’un cinéphile. En effet, en juillet 2008, la quasi-totalité de la campagne marketing de Voyage au centre de la Terre 3D s’appuyait sur une sortie en relief quand 90 % des salles françaises le projetaient en version traditionnelle à savoir sur pellicule 35 MM 2D…



Alors, à la veille de sorties 3D aussi massives que Monstres contre Aliens ou Avatar le cinéma en relief (ou « stéréoscopique » pour parler pro) est –il enfin arrivé dans nos salles ? Toutes les techniques de projection 3D se valent-elles ? Peut-on définitivement dire adieu aux lunettes rouges et vertes d’antan pour vivre une autre expérience du cinéma en relief ?

Lancement de la 3D : cette fois-ci pour de bon ?

« Le relief est un serpent de mer qui a plongé et resurgi maintes et maintes fois. »

Voilà comment Alain Derobe résume –magnifiquement- l’histoire chaotique du cinéma 3D. Et si ce stéréographe de renom en parle si bien, c’est qu’il a vécu en tant que professionnel les multiples rebondissements et déceptions qui ont jalonné son parcours. En effet, ce n’est pas la première fois qu’Hollywood tente de lancer massivement la projection en relief à une échelle mondiale. Dans les années 50, certains films rencontrent même un vrai succès public tout en s’imposant comme des réussites techniques auprès des professionnels. Parmi eux, « Dial for murder » de Alfred Hitchcock marque particulièrement les esprits.



Pourtant, le procédé souffre de la complexité de son dispositif technique. Ainsi, pour obtenir une 3D de qualité, la présence de deux projecteurs 35 MM est requise. Le projecteur A diffuse l’image destinée à l’œil gauche, le B celle destinée à l’œil droit. Sachant que, selon sa durée, un long métrage affiche entre 2000 et 5000 mètres de pellicule en 35 MM, cela nécessite un tirage deux fois plus important avec des frais de copie qui explosent. Côté cabine, les projecteurs doivent être parfaitement placés, réglés et synchronisés au risque de totalement ruiner la qualité du rendu final si tout n’est pas parfaitement exécuté. Par exemple, si le défilement des bobines A et B n’est pas totalement synchrone, l’image de l’œil gauche va se superposer sur l’œil droit et inversement. Le résultat est une projection bourrée d’effets de ghosting (effets fantômes) avec pour conséquence une fatigue visuelle accrue et, très souvent, des maux de tête.


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