Par Rafik Djoumi - publié le 24 novembre 2006 à 03h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h18 - 0 commentaire(s)
Jerry Goldsmith, Elmer Bernstein, David Raksin, Michael Kamen... maintenant Basil Poledouris. En seulement trois ans, la grande Faucheuse a creusé un trou béant dans l’Art spécifique et difficile de la musique de film, frappant de préférence ses talents les plus évidents. Retour sur le cas d’un compositeur aventurier, indépendant et secret qui a livré au Cinéma américain certains des accès les plus passionnels de ces vingt dernières années.



Né en 1945 au sein de la minuscule communauté grecque de Kansas City, Basil (de son vrai prénom Basilis) Poledouris est initié dès le plus jeune âge à la musique, et plus particulièrement au piano, tandis qu’un de ses oncles, skipper de son état, lui apprend les rudiments de la navigation. Mais la passion qui va véritablement consumer son adolescence est celle du Cinéma. Poledouris se destine à être un raconteur d’histoire, et il intègre en 1967 la section cinéma de l’University of Southern California, une branche jusque là délaissée mais que les élèves de cette promotion vont hisser au rang de légende. En effet, ses camarades de promo ont pour nom John Milius, Randal Kleiser, George Lucas, Walter Murch, Caleb Deschanel, Howard Kazanjian, Bruce Broughton, Hal Barwood, Matthew Robbins, Robert Dalva, Willard Huyck, et tous vont, à leur niveau, marquer l’histoire d’Hollywood. Entourés de ces talents à la volonté de fer, pour certains mégalos, Poledouris réalise qu’il n’a peut-être pas la force d’ambition nécessaire pour se mesurer à eux et devenir un « director », et il se demande s’il ne ferait pas mieux de faire fructifier le talent que tout le monde lui reconnaît pour la musique. Le seul film que réalisera Poledouris sera son documentaire d’étude, Glut, une étude sous forme d’interview d’un autre élève de sa section, Donald Glut, cinéphile haut en couleurs qui deviendra le rédacteur en chef de la revue Modern Monsters.



C’est aux soirées de l’USC que Basil Poledouris a le coup de foudre pour la belle Barbara Godfrey, alias Bobbie, une jeune fille de la noblesse hollywoodienne dont la marraine est rien moins que la légendaire Barbara Stanwyck. Et c’est en lui dédiant une superbe mélodie au piano qu’il gagne son cœur. Basil et Bobbie se marient l’année même, en 1967. Le compositeur lui vouera jusqu’au bout une passion dévorante.


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