Par Herman - publié le 06 octobre 2004 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h10 - 0 commentaire(s)
Réalisateur du cultissime La Cité de la Peur, il fit d'ailleurs ses débuts avec les sketchs des Nuls, Alain Berberian sort aujourd'hui son nouveau film, L'Enquête Corse avec Jean Reno et Christian Clavier. L'occasion était parfaite pour s'entretenir avec lui de la genêse du film, mais aussi de ses goûts personnels de cinéphile et son approche du DVD...

LES COMEDIES, J’EN AI MARRE
Interview avec Alain BERBERIAN


A l’origine du projet d’adaptation de "L’enquête corse", on trouve Christian Clavier et Michel Delgado, tous deux coscénaristes. Puis, Jean Reno, qui désirait jouer de nouveau avec Christian Clavier, s’est joint à l’équipe. Comment, à votre tour, vous êtes-vous retrouvé impliqué dans le long-métrage ?
Ca c’est passé très simplement. Gaumont et Alain Goldman m’ont contacté pour faire le film. Ils m’ont remis un scénario qui n’était pas encore achevé mais qui était déjà opérationnel. Je l’ai lu puis, j'ai lu la BD de René Pétillon que je ne connaissais pas. Je l’ai trouvé formidablement drôle. Mais j’ai d’abord refusé le film parce que je ne voulais plus faire de comédie. Je me suis dit que j’avais fait le tour de la question. J’ai eu l’occasion de diriger Poelvoorde, les Nuls, etc. Quant à Christian - je le dis vraiment sincèrement -, il m’a tué de rire dans "Le père noël est une ordure" et j’ai toujours eu envie de travailler avec lui et Jean Reno, donc le casting m’intéressait. Mais, d’autre part, je ne connaissais pas la Corse, ni les corses, et la BD est tellement bonne que j’avais peur de trahir ce qu’avait fait Pétillon. Finalement, mon entourage insistant, je suis allé en Corse et c’est après avoir rencontré ses habitants que j’ai su que j’allais faire ce film. J’ai eu un coup de foudre avec les corses, et je voulais rester en contact avec eux. Et c’est peut-être pour cela que 90 % des comédiens du film sont corses…


Jusqu’aux seconds rôles d’ailleurs ?
Oui, parce qu’on avait pris conscience que, pour que le film fonctionne, il fallait obligatoirement qu’il soit joué par des corses. Ils ont une manière d’être très spéciale, un parlé atypique. Mais on ne savait pas si on trouverait des comédiens corses sur place, ou même si il en existait… Donc, on est allé faire un casting en Corse, mais on a aussi fait un casting à Marseille, Nice, etc. pour essayer de trouver des comédiens. Finalement, le casting corse s’est révélé surprenant. On a trouvé de vrais comédiens - pas des gens pris dans la rue - qui se sont joints à nous et qui ont passé le casting. Une sélection a été faite, puis j’ai moi-même travaillé avec chacun des comédiens sur leur rôle de manière individuelle.

Avez-vous craint à un moment ou à un autre que le film ne soit pas bien accueilli par les corses ?
Non, je ne suis pas du tout parti avec des a priori. A partir du moment où j’accepte le scénario, je fais le film. Après, que ça plaise aux corses ou que ça ne plaise pas, ce n’est pas mon affaire. Il s’est juste trouvé qu’ils ont aimé le scénario. Aux petits rôles généralement, on ne donne que la scène qu’ils ont à jouer. Mais là, nous avons distribué le scénario à tout le monde. C’était aussi un test pour voir comment ils allaient réagir. Et à 99 %, ils étaient très enthousiastes par rapport au film.


Alain Berberian, réalisateur de l'Enquête Corse

Pour continuer sur les acteurs, Christian Clavier est régulièrement la cible de critiques depuis le film "Les Visiteurs" et un rôle dont il a peut-être du mal à se détacher. Avez-vous eu à le guider, à lui signaler quand il avait tendance à trop en faire ? Lorsque le personnage de Jack Palmer atterrit pour la première fois en Corse et s’apprête à prendre un taxi, l’interprétation de Christian Clavier, alors trépignant à la manière d’un Jaquouille, pouvait faire craindre le pire…
(rires) D’abord, je pense qu’on n’a pas vraiment envie de se frotter à un film comme Les Visiteurs de Jean-Marie Poiret qui a fait plus de 14 millions d’entrées. Mais, je pense surtout que la démarche de l’Enquête corse était très différente. C’est d’abord un film sur les corses avant d’être un buddy movie. Les histoires de duos, moi j’en ai marre. J’en ai déjà fait pas mal. Ensuite, à l’écriture, je trouve que Christian avait déjà bien travaillé son personnage de Jacques Palmer qui est - effectivement, je le souligne - très différent de la BD. On ne peut pas prendre un type avec un imperméable et une espèce de chapeau en paille puis le faire déambuler, ça fait cliché et à aucun moment ça n’aurait été crédible. Il y a donc eu un travail sur ce personnage de Jack Palmer - que René Pétillon a trouvé très bien d’ailleurs - pour lui donner un peu plus d’épaisseur et en faire vraiment un type innocent, naïf, qui se retrouve dans un contexte où tout le dépasse, où il ne comprend plus rien ni aux gens ni aux codes de l’île. Je demandais beaucoup de sobriété dans le rôle, surtout par rapport aux corses, ce qu’a très vite compris Christian. Jamais il n’a essayé de voler la vedette aux autres comédiens, il s'est toujours montré généreux à leur égard. Il a toujours été d’abord au service du scénario, de ce personnage de Jack Palmer et toujours respectueux avec ces jeunes, ces gens qui jouaient parfois pour la première fois dans un film.


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