Vous ne pensez pas qu’il puisse exister une voie française pour réussir de nouveaux films policiers ? Il y a une voie française. Il n’y a pas de raison qu’on ait pu faire dans les années 60 des films comme
Le Clan des Siciliens ou
Plein soleil et qu’on ne puisse pas avoir d’autres réussites vraiment formidables aujourd’hui.
Mais aujourd’hui, il y a toujours un truc qui ne fonctionne pas. Soit c’est bien réalisé et le scénario est à chier, ou alors le scénario est très bon mais c’est réalisé avec les pieds. Je comprends que les gens ne soient jamais satisfaits. C’est vrai, il y a toujours un truc qui ne va pas. Cela vient peut être d'un manque d’ambition ou d'un manque de moyens par rapport aux américains. Mais c’est de toute façon très compliqué : il faut que toute l’équipe soit extrêmement efficace dans ce qu’elle a à faire. Quand vous voyez les scènes de poursuite de
La Mort dans la peau, ce sont des scènes qu’on ne saurait pas faire ici, parce que vous n’avez pas les gens pour faire ça, vous n’avez pas le matériel pour faire ça. Il y a quelque chose qui fait que psychologiquement on n’est plus dedans mais je ne sais pas pourquoi.
Pour tout vous dire, j’ai écrit un de mes projets en anglais parce que j’ai l’impression que c’est plus facile, on est plus crédible en anglais plutôt qu’en français.
C’est à dire ? Par rapport aux producteurs ? Non, par rapport aux comédiens, par rapport à l’histoire même. C’est un projet que j’ai du écrire en anglais de toute façons car cette histoire n’aurait pas pu se passer en France. Elle ne pourrait se passer que dans un pays comme l’Angleterre. Mais je ne voudrais pas trop en parler parce que tant qu’on n’a pas signé, tant qu’on n’a pas véritablement avancé, on reste sur ses gardes.
L'ENQUETE CORSE L’autre projet aussi est délicat ? Non, l’autre projet, je peux en parler parce qu’il est en gestation depuis deux ans déjà, c’est la BD de mon frère : "Monsieur Jean" qui est une comédie romantique. Ce sera ma manière de rendre hommage à ce genre que j’aime beaucoup. Mais là aussi, j’ai eu du mal à réunir les éléments pour mon film parce que je n’ai pas encore trouvé les comédiens dont je me sente satisfait à 100 %, et je pense qu’il ne faut pas se lancer dans un film tant qu’on n’est pas sûr de ses comédiens. Ils sont l’âme d’un film et passent avant tout. Ce n’est pas les plans, ni les travellings, ni les photographies : c’est les comédiens. Ce sont eux qui donnent envie de se surpasser. Quand vous avez devant vous des comédiens que vous aimez, vous vous mettez encore plus en quatre pour que tout soit bien.
"Monsieur Jean" sera donc une autre adaptation de BD ? L’exercice vous a plu ? Je n’aime pas trop en parler parce que c’est la phrase qu’on va me dire : "encore une adaptation de BD !". Mais pour en revenir à
L’Enquête Corse, on a vraiment travaillé sur la BD, à partir de la BD, pour en faire un film. C que je trouve parfois scandaleux, c’est de prendre le titre d’une BD et d’en faire tout autre chose. Dans un autre registre, prenez
Mission Impossible - que j’aime beaucoup parce que c’est Brian De Palma - qui n’a rien à voir avec la série télé que l’on pouvait regarder. Ils ont juste pris le titre et ils en ont fait autre chose.
L’enquête corse, ça m’a plu parce que c’est très fidèle à ce qu’avait fait Pétillon. C’est la BD sur grand écran avec des trucs en plus puisqu’il faut quand même faire un film d’1h32 quand la BD seule ne ferait que 30 minutes. Monsieur Jean, c’est pareil. C’est la BD avec ses personnages et une histoire mieux ficelée pour le cinéma.
René Pétillon était il présent sur l’ensemble du tournage ?Non. René a lu le scénario. Il a donné son accord à Michel Delgado, Christian Clavier et au producteur. Moi, je l’ai rencontré sur le tournage. Il a passé deux jours avec nous. Il a fait plein de dessins. Je l’ai invité quand le film était presque en work in progress. Je lui ai montré le film, et là, j’étais content de le sentir heureux de ce qu’il regardait. Ca c’est très bien passé entre nous. Je l’apprécie beaucoup.
L'Enquête Corse, dans les salles dès aujourd'hui.