C’est votre deuxième film et c’est la deuxième fois que vous tournez avec des enfants. Sur quoi avez-vous accentué la direction d’acteurs ?J’ai déjà eu beaucoup de chance de trouver des enfants aussi formidables. Sur le plateau, il n’y avait pratiquement aucune indication à leur donner. Le plus gros du travail, c’est le casting. Pour Le Retour, cela nous a pris six mois. On a vu autour de 600 enfants. En ce qui concerne
Le Bannissement, les enfants ont un rôle moins important par rapport au précédent film où tout dépendait des deux garçons. Ici, cela nous a pris approximativement un an et nous avons casté près de mille enfants. Une fois que nous avons réalisé ce travail et fait notre choix, le reste a été tout seul.
La figure du père est une fois de plus centrale. Pourtant, ce personnage là n’a rien à voir avec celui du Retour. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre travail avec Konstantin Lavronenko (Alex) qui est devenu votre acteur fétiche ?Le fait que les rôles soient différents ne m’a posé aucun problème. On retrouve tout de même des traits communs dans la mesure où même si Alex hésite à prendre des décisions au début, il devient brutal, étant incapable de pardonner. C’est un personnage pétrifié par son refus de comprendre. Il y a une progression entre le père du Retour et celui du
Bannissement. Dans mon premier film, ce dernier est incapable de réflexion, il fonce avec une brutalité totale. Dans celui-ci, il se pose beaucoup de questions et on peut même espérer qu’il change encore dans l’avenir.
Quelle est la signification du chant final ? Il n’y a aucun sous-titre…C’est une musique religieuse. Dans les églises laïques, la messe est en latin. Dans les églises orthodoxes russes, les textes liturgiques sont en vieux slave, une langue morte. Ceux qui connaissent le russe ne comprennent pas à part quelques passages… C’est une prière célèbre, une demande de repentance, de pardon. La musique a été composée par un musicien estonien, Arvo Pärt. Il a vécu longtemps en Union Soviétique. Il vit en Autriche depuis maintenant 25 ans et il est devenu européen. Ce chant est donc un chant liturgique orthodoxe traditionnel avec une musique aux influences occidentales. Il y avait une volonté de créer quelque chose d’universel.
On attend avec impatience vos prochains projets…Je suis dans une période de recherche pour un film que je ferai peut-être dans une dizaine d’années, mais pas maintenant. Le prochain film sera certainement plus complexe avec encore moins de dialogues et de paroles !
Propos recueillis par Nicolas Schiavi