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Interview : Benoit Mariage [page 1]

Par Jean-Philippe Guerand - publié le 05 décembre 2007 à 05h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h47 - 0 commentaire(s)
Le réalisateur Benoît Mariage a accepté de revenir en notre compagnie sur son nouveau long-métrage, Cowboy, et de sa collaboration qui ne date pas d'hier avec son complice, l'autre "Ben", l'acteur Benoît Poelvoorde.


Cowboy est votre troisième film avec Benoît Poelvoorde. Quel regard portez-vous sur ces dix ans de collaboration ?
Il a joué effectivement dans mon court métrage Le signaleur, puis dans mon premier long, Les convoyeurs attendent, et enfin aujourd’hui dans Cowboy. C’est un ami et il habite la même ville que moi, donc on est toujours resté en contact, même quand on ne travaillait pas ensemble. On était d’accord sur le fait que l’expérience avait été bénéfique et que l’enjeu artistique nous avait plu. En revanche, il n’y avait pas de place pour lui dans mon deuxième film, L’autre, mais on savait qu’on se retrouverait. Pour Cowboy, en revanche, c’était une évidence qu’il incarne ce journaliste un peu coincé.

Vous avez écrit son rôle sur mesure ?
Dès que j’ai eu l’idée, je lui ai parlé et je l’ai impliqué dans ce projet et il m’a dit : « Il n’y a aucun problème, je fais ton film », sans même avoir lu le scénario.


Pourtant il a parcouru un sacré bout de chemin sur le plan professionnel depuis Les convoyeurs attendent, il y a huit ans…
Il était surtout plus cher pour la production [rires]. Pour moi, ça ne changeait rien. Ce qui était intéressant, c’est qu’entre-temps il a beaucoup tourné et j’ai bénéficié de son expérience accrue. Sa personnalité et son talent n’ont pas changé, mais il a mûri et, à 40 ans, il possède aujourd’hui une épaisseur affective et psychologique plus grande parce que son expérience de vie est plus large. Peut-être parce qu’avec l’âge, on accumule des souffrances et qu’avec un spectre plus large, on a forcément un matériau humain plus intéressant pour un cinéaste. En outre, il a peut-être aussi plus de rigueur parce que maintenant il a un statut à défendre et qu’il a une position telle qu’il est devenu aussi plus exigeant. Sur le plateau de Cowboy, on avait plus de discussions et de confrontations que sur Les convoyeurs attendent.

Il arrive encore à vous surprendre ?
Bien sûr. Il m’a surpris notamment dans la dernière partie du film, dans ses scènes d’émotion et de fragilisation. Là, j’ai vraiment eu l’impression qu’il y avait un masque qui tombait et qu’on pouvait découvrir une authenticité que je n’avais jamais vue avant au cinéma. Je suis très honoré de la confiance qu’il m’accorde parce que je la trouve parfois démesurée. C’est comme dans les équipes de foot. Moi, j’étais un grand supporter de l’équipe d’Anderlecht des années soixante-dix dans laquelle il y avait un joueur formidable qui s’appelait Robbie Rensenbrink. Mais il y avait toujours derrière lui un milieu de terrain qui ramassait et qui lui servait tous les bons ballons. Donc, moi, si je peux servir des bons ballons à Benoît, je serai très heureux, parce que je pense qu’il a une telle envergure et une telle personnalité que c’est déjà formidable d’être à ses côtés.


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