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Interview : Benoit Mariage [page 4]

Par Jean-Philippe Guerand - publié le 05 décembre 2007 à 05h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h47 - 0 commentaire(s)
Y a-t-il une solidarité entre les cinéastes wallons ?
Non, il n’y a que des francs-tireurs qui pratiquent des cinémas très différents. Joachim Lafosse est un héritier de Maurice Pialat, alors que Jaco van Dormael est plus influencé par Tim Burton, que les frères Dardenne sont davantage influencés par Ken Loach et que moi je suis un peu entre les deux. La vraie singularité du cinéma belge, c’est qu’il n’y a pas d’industrie comme en France et que chaque projet est porté par un type qui doit écumer les commissions pendant deux ou trois ans et qui doit se battre individuellement. Mais il est vrai également que le succès de C’est arrivé près de chez vous et de Toto le héros ajouté aux deux Palmes d’or des frères Dardenne a fait du cinéma un fleuron de la Wallonie pour les politiciens.


Quels sont vos références en tant que cinéaste ?
Mon cinéaste préféré est Aki Kaurismäki, à la fois par sa personnalité, son désenchantement et ce sentiment pétri d’humanité… d’être rien. À un moment donné, le pessimisme presque profond de Kaurismäki devient paradoxalement un éloge à la fraternité et à la tendresse qui me touche beaucoup. J’aime aussi beaucoup Ken Loach, Yasujiro Ozu et pas mal de cinéastes japonais pour la dignité des personnages qu’ils mettent en scène.

Vous n’avez pas la tentation de revenir au documentaire pour vous ressourcer ?
Non. J’ai 46 ans, j’ai fait trois films et j’ai envie de creuser mon sillon en m’améliorant. Parce que je considère ce métier comme un artisanat et que je crois très sincèrement que plus je pratiquerai ce métier, meilleur je deviendrai.

Propos recueillis par Jean-Philippe Guerand
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