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Interview : Carice Van Houten [page 1]

Par - publié le 06 août 2008 à 14h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h03 - 0 commentaire(s)
Le remarquable Black Book, de Paul Verhoeven, n’aurait peut-être pas été aussi puissant sans Carice Van Houten, révélation fracassante qui jusque là figurait dans des comédies néerlandaises (genre vers lequel elle aimerait revenir) et des téléfilms anodins. Le Hollandais violent ayant toujours le chic pour dénicher les valeurs montantes. Grâce à ce film, elle a acquis une reconnaissance internationale qui lui a ouvert des portes et l’a poussée à fréquenter Hollywood (elle sera à l’affiche des prochains Bryan Singer et Ridley Scott). Avant de la retrouver au sein de ces productions Hollywoodiennes d’envergure (ses partenaires s’appellent Leonardo DiCaprio, Tom Cruise, Forest Whitaker et Russell Crowe), elle s’illustre dans Dorothy, le nouveau long métrage de Agnès Merlet. Un film fantastique cérébral où elle campe – encore une fois, magistralement – le rôle principal d’une psychiatre endeuillée qui se perd sur une île en Irlande pour sauver une femme enfant, prisonnière de ses démons intérieurs.



Vous aimez le genre fantastique?
Non, pas vraiment. Mais j’ai des goûts assez spéciaux. Un film comme Le seigneur des anneaux n’est pas tellement ma tasse de thé, si vous voyez ce que je veux dire. En revanche, j’aime tout ce qui tient de la psychologie et autopsie l’âme humaine. Sans doute parce que le projet ne répond pas à des exigences spectaculaires, j’ai pris beaucoup de plaisir à tourner un film surnaturel, vers lequel a priori je n’irais pas instinctivement. Le challenge m’a motivée; c’est la première fois que je tournais dans un film de genre. J’aime l’idée de jouer dans un film que peut-être moi-même je n’irai pas voir. Non pas que je déteste ça mais je suis une femme assez flippée. Dans la vie de tous les jours, j’ai peur de tout et de rien, des animaux – le chien étant le seul animal que je supporte – comme des autoroutes. Tout ce qui va vite me fait peur. Au moment de jouer et donc sur le plateau du tournage de Dorothy, je voyais tous les artifices et je n’ai pas nécessairement conscience de ce que cela peut produire sur un écran de cinéma pour quelqu’un qui ignore tout. Du coup, lorsque j’ai vu Dorothy pour la première fois, il m’était impossible d’être objective. Je ne faisais que regarder mon jeu d’actrice en ne faisant que déprécier mon travail et en me cachant les yeux (elle rit).



Au moment du tournage qui a duré pendant près de deux mois, c’était assez fascinant parce que nous étions en Irlande, sur une terre de conte de fées, donc qui peut avoir un caractère potentiellement fantastique. Je connaissais bien l’Ecosse et toute cette partie de l’Europe par ma grand-mère qui est écossaise. Dans les environs, il y avait des bars où l’on pouvait boire et écouter des groupes jouer de la guitare. Finalement, il y a quelque chose de très attachant. Autrement, à la lecture du scénario, j’étais fascinée par la bizarrerie de l’atmosphère. Si je devais donner l’exemple d’un film qui m’a terrifiée récemment, c’est Funny Games, de Michael Haneke. L’ambiance est tellement réaliste que ça me met très mal à l’aise, tout en ayant conscience de me faire manipuler.
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