Par Arnaud Mangin - publié le 28 juillet 2006 à 11h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h05 - 0 commentaire(s)
Que de chiffres pour le succès monstre de l’année Les Bronzés 3 qui, avec près de 10 millions et demi d’entrées salles, va transformer l’essai dès le mois prochain en proposant 1.500.000 DVD dans les bacs. Un pari de plus pour la joyeuse équipe du Splendid qui soigne tout autant l’actualité de leur dernier bébé en vidéo, qu’ils avaient su le faire en début d’année. Pour revenir sur cette aventure, Christian Clavier et Thierry Lhermitte ont accepté de répondre à nos questions.

5 mois et plus de 10 millions d'entrées plus tard, comment vivez-vous le succès colossal du film ?
Christian Clavier : Bien évidemment on est très heureux de cet engouement de la part des spectateurs, qui nous ont témoigné d'une vraie confiance. Mais je suis toujours aussi surpris, et même très agréablement surpris, que sur un marché nettement plus dense et beaucoup plus rapide qu'à l'époque de la sortie des deux autres Bronzés, le public trouve le temps et le désir de préférer aller voir notre film plutôt que les nombreux autres, souvent plus susceptibles d'avoir du succès.
Thierry Lhermitte : C'est surtout le couronnement d'un long travail d'écriture qu'on a manié et remanié plusieurs fois et d'un tournage pour un résultat dont on est très fiers.

C'est un résultat que vous attendiez ? Ou tout du moins que vous espériez …
T.L. : Si on tourne un film dans l'espoir de systématiquement faire 10 millions d'entrées, on a toutes les chances d'être déçus. Forcément, notre souhait était tout de même de réaliser un joli score : toucher à ces films qui sont considérés comme cultes était un défi en soi. Ce défi est payant et nous en sommes très heureux, mais à ce stade, ça dépasse vraiment toutes nos espérances.


L'accueil de la critique n'a pas été très tendre. Comment l'avez-vous vécu ?
T.L. : Comme il y a 30 ans ! Parce que finalement les critiques étaient à peu près les mêmes à l'époque.
C.C. : Ca ne nous passe pas au dessus de la tête parce que c'est très important, mais ça a toujours été comme ça sur nos premiers films. Alors du coup on se demande où est l'objectivité, de leur côté comme du nôtre, parce qu'avec les années ils changent d'avis et on se demande même parfois si ce ne sont pas des films qui sont simplement destinés à bien vieillir. Le père noël s'était littéralement fait incendier…
T.L. : Et aujourd'hui, les mêmes journalistes en parlent comme des films références.
C.C. : On a eu un très mauvais papier dans Gaid-Pied Magazine (Rires)
T.L. : Dans les réactions, on a souvent reçus les courriers d'un garçon qui nous disait "Je suis Katia ! Je suis Katia !" parce qu'il se reconnaissait dans la souffrance du personnage et qu'il suivait un peu les mouvements qui nous accusaient d'être homophobes et de nous moquer gratuitement des travestis. Et puis toujours le même, à quelques semaines d'écart, finissait par s'assagir et petit à petit à changer d'avis tout seul parce qu'il regardait le film plusieurs fois quand même, a fini par nous remercier de traiter ce thème avec humour.


Ce nouveau succès vous incite à retravailler tous les six ensemble ?
T.L : Ce n'est pas le succès qui nous incite à tourner - ou à retourner - tous les six ensemble, mais un vrai plaisir et la réussite artistique du film. Maintenant le plaisir et l'envie ne suffisent pas forcément, et le succès permet surtout d'envisager autre chose auprès des producteurs.
C.C. : L'envie était là, et elle est toujours là, comme pour tous ceux qui veulent monter un projet. En revanche le succès ça vous autorise à envisager sérieusement de faire autre chose. A notre stade actuel avec le succès des Bronzés 3, on peut écrire ce qu'on a envie en étant sûrs d'avoir une validation des investisseurs.


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