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Interview : Clovis Cornillac (le Serpent) [page 1]

Par Thomas Legal - publié le 09 janvier 2007 à 22h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h22 - 0 commentaire(s)
L’année s’annonce riche pour Clovis Cornillac qui continue d’accumuler les projets à un rythme incroyable. Après le tournage d’Astérix, il enchaînera cette année avec les nouveaux films de Thomas Vincent et Christophe Barratier. Cette semaine, dans Le Serpent, il campe un méchant animé par une vengeance aveugle comme on en voit rarement dans le cinéma français.



On vous identifie plus souvent à des personnages positifs. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous confronter à ce rôle inhabituel ?
Déjà le fait que ce soit inhabituel, mais surtout la construction du scénario. Je trouve que le scénario est très abouti, très réussi. Il a mis quatre ans à l’écrire et on sent qu’il a pris le problème dans tous les sens. J’ai trouvé le rôle très bien foutu, très bien écrit… Le rôle avec l’histoire, pas le rôle tout seul évidemment. J’ai compris sa logique. Quelque chose dans ce rôle de méchant m’intéressait. Il y a aussi la rencontre avec Barbier. Avec Yvan, on se connaît depuis des années et on avait le désir de travailler ensemble… Et puis la possibilité de travailler avec les autres partenaires comme Pierre Richard, Simon Abkarian, Gérald Laroche, m’attirait énormément. Voilà, il y avait plein de choses qui allaient dans le bon sens.

Le fait que ce soit un rôle négatif vous a-t-il obligé à le préparer différemment ?
Non, non… Un rôle c’est un rôle. C’est comme au théâtre, ça m’est arrivé aussi bien de jouer Treplev dans la Mouette qui est un romantique positif, que Mortimer dans Edouard II qui lui est un enfoiré total. Ce n'est pas parce qu’un personnage est méchant ou gentil qu’on l’aborde autrement, on l’aborde comme un rôle. Ce rôle de Plender, je l’aime beaucoup, j’ai même de l’empathie pour lui. Et je pense qu’à un certain moment, les méchants pour révéler notre côté mauvais doivent montrer un doute susceptible de toucher le spectateur.



Pour interpréter ce rôle de manipulateur, avez-vous cherché à vous inspirer de personnages mauvais devenus des références dans l’histoire du cinéma ?
Non, parce que je ne fonctionne pas comme ça. Je ne sais pas travailler dans l’imitation. J’essaie au contraire de n’avoir aucune image particulière. Je travaille avec l’imaginaire. Il est bien sûr constitué de plein d’images de tout ce que j’ai vu en littérature, dans les peintures, les sculptures, dans les films. Mais j’ai envie de laisser place à l’imaginaire et surtout pas à l’imitation. Ca me paralyserait…


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