Regard pétillant et enthousiasme à toute épreuve, Clovis Cornillac enchaîne avec bonne humeur les interviews qu’il donne à un rythme soutenu pour la sortie des
Brigades du Tigre. Fidèle à sa réputation d’acteur surbooké, il cumule la promo avec l’entraînement intensif auquel il s’astreint pour son prochain film,
Scorpion, dans lequel il joue un champion d’ultimate fight !
Les Brigades du Tigre à l’écran, vous avez accepté dès l’annonce du projet ou vous avez attendu de lire le scénario ? J’ai accepté après avoir lu le scénario, comme toujours ! En général, je n’accepte pas un film comme ça, à part peut-être pour un pote. Je pourrais partir sans scénario avec des gens que je connais mais sinon, non, c’est impossible.
Qu’est-ce qui vous a donc convaincu à la lecture du scénario ? J’ai trouvé le scénar très gonflé, dans le bon sens du terme. J’aime l’idée qu’il n’y ait pas que de la comédie dans le cinéma populaire. C’est un genre qui me plaît beaucoup mais je me rappelle être aussi allé au cinéma pour voir des polars pas bêtes : il ne s’agissait pas de plaquer une dénonciation mais simplement de raconter des histoires un peu plus complexes. Je crois que, contrairement à ce que l’on dit, les gens sont tout sauf cons. Et si
Les Brigades du Tigre peuvent marcher, je pense que cela aidera beaucoup de films en production qui appartiennent à un cinéma ambitieux dit « populaire », mais qui ne descend pas en dessous de la ceinture. En tout cas, je trouve que
Les Brigades du Tigre ont cette classe là. Bonnot, par exemple, n’est pas présenté comme un fou sanguinaire. Le questionnement de son personnage trouve de nombreux échos contemporains : le terrorisme, la conviction… C’est un film riche et pas bête.
Qu’est-ce qui vous a plus particulièrement attiré dans le personnage de Valentin ? C’est le héros romanesque par excellence, il fait partie de ces gens qui n’existent pas, qui sont de purs personnages de cinéma. Ce type introverti, qui vit des choses très fortes mais en montre le dixième, est bourré de paradoxes : ça me plaît parce que c’est tout ce qui fait l’humain. Et en même temps, il a une vraie forme héroïque : il se trompe peu, se dévoue entièrement à la justice et vit son métier comme un sacerdoce - contrairement aux autres membres de la brigade, il n’a pas de vie personnelle. Tout cela est très mythique, et vraiment plaisant à jouer. On est dans un cinéma d’envergure classique.