Etait-il difficile pour vous de trouver le bon équilibre entre la comédie et le drame que vit Geirr ?J'ai juste essayé que ça soit drôle tout le temps. C'était la clé de tout. Pour me confronter à des sentiments si durs, il me fallait en rire. Peut-être parce que j'ai du mal à affronter mes propres problèmes. L'équilibre s'est trouvé de lui-même. ça ne serait pas drôle si ce n'était pas proche de la vérité ou de la réalité. J'étais concentré sur le fait de ne pas être dramatique, ne pas tenter d'émouvoir le public, ne pas aller dans le pathos. Je me disais « j'emmerde tout ça, il faut juste que ça soit drôle ». Et les gens se mettent à ce niveau quand ils se disent que ce film est un peu fou. D'habitude, ils connaissent toutes les ficelles et n'en ont rien à foutre...
On entend souvent comparer ce film à Festen. Qu'en pensez-vous ?J'aime beaucoup
Festen... L'acteur principal m'a dit « tu es un putain d'anarchiste. » et mon film l'est en un sens. Il parle de la liberté individuelle. J'ai voulu dire qu'on avait tous le droit d'être ce qu'on avait envie, de ressentir ce qu'on voulait. On emmerde ce qu'on nous oblige à faire.
Quels sont vos projets ?J'ai une histoire très autobiographique sur le fait de grandir à côté d'un père qui est un grand pornographe en Norvège et une autre comédie dont je ne peux pas encore révéler l'idée mais qui sera très étrange et très drôle.
Justement à propos de votre biographie, vous avez étudié la philosophie comment en êtes vous venu à réaliser des films ?J'ai écrit très tôt pour un petit magazine. On était vraiment juste une bande de copains. Mais j'ai pris conscience que je pouvais faire réagir les gens, qu'ils pensaient que c'était bon ou drôle. Mon père était aussi un pornographe, comme je le disais, donc j'ai grandi parmi les films. Et puis j'ai rencontré un mec anglais qui parlait de Greta Garbo et de
Diane Lane. L'un de mes héros était Paul Schrader et ce bouquin « Schrader on Schrader » qui disait qu'il fallait avoir quelque chose à dire, qui ne s'apprend pas dans les écoles de cinéma, elles ne fournissent que l'outil. Je n'avais pas vraiment écouté à l'école alors j'ai pensé qu'un peu d'éducation ne serait pas mal.
Propos recueillis par Nicolas Houguet