Par Caroline Leroy - publié le 09 novembre 2006 à 03h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h17 - 0 commentaire(s)
Mathieu Delaporte : On est beaucoup plus "starwarsiens" que "startrekkiens" ! (rires). Mais il est vrai qu'en définissant l'ingénierie du monde de Skyland, de la Sphère, du type de constitution politique qui le régissait, les choix étaient relativement limités. Si vous connaissez déjà les différentes dictatures qui ont traversé le monde, vous vous rendez compte que Star Wars est un décalque de l'histoire de Rome. Vous avez les dictateurs, le forum, le conseil, le consul, l'empereur… le parallèle est d'ailleurs frappant dans le vocabulaire. C'est encore plus vrai dans les trois volets les plus récents. L'influence fonctionne donc à rebond.
Alexandre de la Patellière : Quand on a conçu Skyland, on a aussi énormément parlé de l'Occupation de la Deuxième Guerre Mondiale, et du nazisme bien évidemment. Avec la Sphère, on est dans un Etat raciste, dans des problématiques par conséquent très éloignées de celles de Star Wars. L'idée de résistance est beaucoup plus proche de celle de la Deuxième Guerre Mondiale : une résistance secrète, avec des réseaux.


Mathieu Delaporte : On a beaucoup évoqué les deux grandes dictatures, Hitler et Staline, et donc l'Union Soviétique, pour déterminer le principe même de la Sphère, une création positive qui tourne mal. On s'est finalement beaucoup inspiré de schémas historiques.
Emmanuel Gorinstein : La Sphère consiste au début en un courant idéologique, créé par nécessité et pour le bien de tous, qui se retrouve dévoyé et se transforme en une dictature. De toute façon, rien ne se crée de nulle part et pour prendre un exemple audacieux, on sait que Picasso a fondé le cubisme après avoir eu une révélation devant l'art africain. C'est un débat sans fin.
Mathieu Delaporte : La question n'est pas tant la référence que ce que vous en faîtes. Quand vous voyez les œuvres des grands metteurs en scène, vous pouvez déceler d'innombrables références. Il y a eu par exemple un énorme débat autour des influences de Tarantino : pompage des films chinois, japonais, des films de gangsters, etc. A l'arrivée, tout cela est vrai, et en même temps, il suffit de voir 8 secondes de l'un de ses films pour reconnaître sa signature. Il a créé une franchise, un nom, une marque.


Alexandre de la Patellière : Il arrive que les copieurs soient plus brillants que leurs modèles. Il y a toujours eu une histoire de transmission dans le cinéma, dans la peinture, et je trouve que c'est une bonne chose. Au fond, il n'y a pas cinquante grands mythes fondateurs, je crois que tout le monde tente depuis le début de raconter la même histoire. Je trouve que c'est intéressant, étant donné qu'on est les premiers enfants à avoir été élevés avec la télé. On a regardé Goldorak quand on était petits, ou autre chose quand on est un peu plus jeune comme Bertrand Gatignol, qui vient d'avoir dix-neuf ans.
Bertrand Gatignol : Vingt !
Alexandre de la Patellière : Un dernier mot, Emmanuel ?
Emmanuel Gorinstein : Achetez le dvd ! (rires)
Mathieu Delaporte : Achetez le dvd !
Alexandre de la Patellière : Je dirais.. achetez les dvd ! (rires)


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