Il a voulu son film simple comme une chanson, parce que la simplicité est ce qu’il y a de plus difficile à trouver, Xavier Giannoli réalise avec
Quand j’étais chanteur une œuvre empreinte de tendresse, qui se permet en plus de livrer deux trois choses essentielles sur la vie et une certaine conception du bonheur. A l’occasion de sa sortie DVD, le cinéaste revient sur ce film qui lui a donné autant de plaisir qu’il a pris à le faire. Simple comme une chanson on vous dit.
Que retenez-vous de l’aventure Quand j’étais chanteur ?Je suis très heureux du succès public qu’a rencontré le film. J’ai également eu la chance qu’il de rencontrer un grand succès critique et pour un jeune metteur en scène c’est assez important. Surtout je n’oublierai jamais l’accueil du film à Cannes où j’ai vu des gens applaudir à la fin de la projection. Même s’il ne faut pas être dupe de ces moments là, ça fait quand même beaucoup de bien et ça donne confiance pour écrire et continuer à avancer.
Vous évoquez sur le dvd l’échec que fut selon vous votre film précédent, Une aventure. Est-ce que Quand j’étais chanteur efface cet échec ?Moi je n’ai jamais fait que des films personnels, qu’il s’agisse de mes courts-métrages ou des trois long-métrages que j’ai réalisés. Ce ne sont pas des produits cinématographiques. J’essaie d’écrire seul la plupart du temps, et de faire en sorte que quelque chose de profondément intime s’exprime.
Donc si vous pouviez refaire Une aventure, vous referiez pareil ?Ca ne se pose pas en ces termes. Ce qui est important c’est qu’à partir du moment ou moi j’écris seul, c’est toujours avec quelque chose de ma vie au moment où je l’écris. Il se trouve que
Une aventure s’est moins bien passé que mon premier film (
Les Corps impatients), qui avait été une forme d’évènement. J’ai découvert une chose qui fait partie de la vie des metteurs en scène qui est le doute, le fait que le film n’ait pas de reconnaissance, pas vraiment de visibilité, ni publique ni critique, qu’il ne fasse pas l’évènement comme on dit. Cela fait partie de la vie d’un metteur en scène mais également de la vie d’un agent d’assurance ou d’un boulanger, ces moments où on doute, où on s’interroge sur pourquoi on fait les choses et faut-il continuer à les faire. Quand j’écris
Quand j’étais chanteur, ce n’est pas pour rien que le déclic a été de voir à la TV le romancier François Weyergans prononcer cette phrase : « là où j’en suis-je préfère susciter de l’affection plutôt que de l’admiration. » Et dans un monde aujourd’hui où on ne fait que parler du dépassement de soi, de la performance, de la réussite, avec 45 000 remises de récompenses à la seconde, je trouvais intéressant de raconter l’histoire d’un personnage qui, lorsqu’on va lui proposer une certaine forme de reconnaissance publique, va se dire qu’il se sent mieux dans son bal à faire danser les gens sur la piste. Ce qui est exactement mon contraire puisque mon film est allé à Cannes qui n’a pas franchement la modestie d’une salle de bal populaire. Le trait d’union entre les deux c’est tout simplement l’implication, la sincérité et la part de soi qu’on met dans les films. Après, qu’ils fassent danser 40 personnes ou 4 millions…