Au vu de votre filmographie, qui change d’univers à vue d’œil – il y a une différence de taille entre vos derniers rôles et ceux de bimbo accessoire de vos débuts- ou la manière dont vous gérez votre couverture médiatique, on peut se demander si vous n’avez pas certains traits de caractères de Katy…E.M : Ca doit forcément être un petit peu le cas, mais je vous assure que nous sommes très différentes. Ne serait-ce que parce que je reste malgré tout tributaire de certaines opportunités : j’ai eu de la chance de tomber sur le scénario de
Live !, tout comme j’en ai eu d’avoir été choisie par James Gray pour jouer dans
La nuit nous appartient. Je peux avoir une certaine influence en choisissant de refuser des rôles qui ne me paraissent pas en phase avec mes aspirations, mais il me reste à montrer à Hollywood que je ne suis pas spécialisée dans les rôles de girlfriends piquantes. Je veux explorer d’autres types de personnages, aller vers des zones plus sombres, jouer des choses plus profondes. Par rapport à Katy, je crois que je ne pourrais pas être amie avec elle, mais j’adorerais qu’elle dirige ma société de production (
rires) !
Faut-il en déduire qu’il faut être, comme elle, un minimum cynique pour survivre à Hollywood ?E.M : Disons que c’est une attitude réaliste. Je sais où je mets les pieds, et j’essaie d’éviter les pièges. Il y a de vrais pourris dans ce milieu, mais aussi des gens formidables. Je n’ai, pour le moment, encore pas eu de mauvaise expérience mais j’ai pu repérer quelques enfoirés en les voyant travailler avec d’autres acteurs ou réalisateurs. Pour le moment je sais rester à distance. Il m’est même arrivée de refuser un film dont j’aimais le rôle mais dont je ne sentais vraiment pas les instigateurs. Le film a été tourné avec quelqu’un d’autre, il y a deux trois ans ; il n’est toujours pas sorti. Comme quoi, je dois avoir du nez.
Propos recueillis par Alex Masson