Par Laurent Tity - 18 octobre 2006 - 0 commentaire(s)
Aviez-vous prévu un tel succès pour la sortie en salles de Camping ?
Disons que nous nous attendions à ce que le film marche bien. Nous savions que le film risquait de toucher un maximum de gens, positivement ou négativement d’ailleurs. Car nous étions conscients d’aborder un sujet intéressant. Il est certain que ce n’est pas un film intimiste. Et puis ça faisait tellement longtemps que je voulais faire un film sur ce sujet que je n’aurais pas été aussi tenace si je n’avais pas cru au projet. Je n’aurais peut-être pas été déçu que ça ne marche pas, mais je ne suis pas surpris de son succès, je suis juste heureux.

Est-ce pour garantir ce succès que vous avez pris Fabien Onteniente ?
Je ne l’ai pas pris ! On s’est choisi l’un et l’autre…


Mais le projet venait de vous...
Fabien avait envie de parler de ces gens-là donc ce qui s’est passé c’est que j'ai amené le décor et lui les gens. Nous nous sommes vraiment complétés. Chaque fois que je parlais de cette idée de réaliser un film sur le camping, ça ne faisait tilt dans la tête de personne. Et quand j’ai croisé Fabien, je me suis dit qu’un mec qui a parlé de la jet set, des personnes âgées dans son premier film La Vitesse d’un cheval au galop, c’est quelqu’un qui a envie de parler de films à thème sur des milieux particuliers. Je lui ai donc dit le mot « camping » et hop on est parti ! Tout s’est fait très vite, nous avons écrit en trois mois…

C’est lui qui a amené les personnages ?
Nous les avons amenés ensemble. J’ai évidemment utilisé ma propre expérience pour étoffer la galerie de personnages, celui de Jacky existe vraiment par exemple. Surtout, nous avons été dans la même direction sur le fait d’aimer ces gens dont nous allions parler. Alors beaucoup de journalistes ont dit que nous nous sommes moqués. Ce à quoi je répondrai que celui qui croit cela, c’est celui qui pense qu’il y a de quoi se moquer, donc celui qui lui-même se moque de ces gens-là. En tout cas le premier élément de notre charte était justement de ne pas se moquer. Onteniente m’a amené ce côté réel des personnages, il fallait que je passe du rire rigolo au rire plus sincère, plus réaliste. Pour faire passer des personnages de la scène au cinéma, il fallait forcément quelqu’un qui fasse le sas et qui m’apporte une certaine réalité. C’est ce qu’a réussi Fabien.


Comment définiriez-vous votre personnage, Patrick Chirac, est-ce une caricature du campeur ?
Mon personnage est une caricature, mais pas de campeur. C’est peut-être le personnage le moins réel, le plus clownesque. En même temps je suis celui qui a priori était le plus clownesque de la bande. De Claude Brasseur à Gérard Lanvin en passant par Antoine Duléry, l’humoriste, le rigolo, c’est moi, donc c’est vrai que pour ce personnage nous avons mis un peu plus de teinte comique ou j’en ai donné un peu pus à l’image : le petit maillot de bain, le dauphin autour du cou, cette façon de marcher comme un cabri… C’est en quelque sorte l’électron libre du film, d’ailleurs c’est le seul qui est… seul.


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