Mardi 8 novembre à l'Hôtel Bristol. La conférence est prévue pour 16h. 16h15, la salle est pleine de journalistes, les vedettes du film se font désirer. On ne sait toujours pas qui occupera les trois chaises sur l'estrade. C'est alors qu'ils arrivent : David Heyman, producteur, la très belle Clémence Poésy qui incarne Fleur Delacour, et enfin Daniel Radcliffe alias Harry Potter. La conférence peut alors commencer :
Ce quatrième épisode est jusqu'à présent le plus sombre de tous les films, aussi bien du point de vue de la réalisation que de l'histoireDavid Heyman : Oui forcément. Nous essayons de rester fidèle à l'œuvre de J. K. Rowling et donc si le livre est sombre, il en sera de même pour le film. Mais c'est aussi le plus drôle je pense, car à quatorze ans, c'est l'âge ou l'on commence à éprouver un certain intérêt pour les filles, un bouillonnement hormonal se fait sentir. Toute la partie qui concerne le bal, avant et pendant, est très amusante. A chaque film les personnages prennent une année de plus et mûrissent, il est normal donc que leurs préoccupations deviennent aussi plus importantes. En Angleterre le film est interdit aux moins de douze ans non accompagnés, mais quand on a fait les projections tests, à la sortie du film les parents disaient que c'était un film un peu sombre et violent pour les plus jeunes, mais leurs enfants répondaient que c'était « cool », car c'était comme dans le livre. Mais pour notre part, nous essayons de rester le plus possible fidèle au livre.

Quand on connaît le livre et que l'on regarde le film, on ressent comme une frustration. Beaucoup de choses ont été supprimées.D. H : Le film dure 2h35, c'est pas mal du tout. Au début, on avait pensé à faire deux films, mais on a vite abandonné l'idée car on ne trouvait pas de point de rupture. On a donc préféré garder cette continuité et en faire un long film. En effet, beaucoup de détails du livre ne sont pas dans le film. Le film se déroule à travers le point de vue de Harry, et ce qui n'est pas en rapport avec lui n'est pas dans le film. Ca ne s'appelle pas « Ron Weasley et la Coupe de Feu » par exemple. Et puis comme c'est déjà le quatrième opus, on connaissait déjà cet univers. Par exemple, on a décidé de ne pas montrer de match de Quidditch car on en avait vu dans les trois premiers films. Le spectateur connaît déjà ça. Il faut garder à l'esprit que pour toute adaptation il faut supprimer des éléments, autrement on se retrouverait avec un film de 8h.
Comment s'est fait l'accueil d'une actrice française dans l'équipe ?D. R : Ca s'est très bien passé. On l'a accueillie comme une autre et tout le monde l'a trouvée très agréable.
Clémence Poésy : C'est la première fois que je faisais un film de cette envergure. Mais je n'ai pas eu de traitement de faveur, tout le monde était considéré d'égal à égal. Mais c'est quand même très impressionnant quand on débarque sur un plateau de tournage de cette taille avec autant de personnages. Malgré l'importance de mon personnage, on se sent tout petit au milieu de tout ça.
Le tournage a duré onze mois, est ce que vous continuez les études ou bien vous pensez que vous avez gagné assez d'argent pour les arrêter ?Daniel Radcliffe : Jamais je n'aurai la prétention de dire que je n'ai plus besoin d'aller à l'école. Je continue les études, je prends des cours particuliers, au minimum trois heures par jour, des fois cinq heures, ça dépend. Mon travail d'acteur n'a pas d'interférences avec mes études, au contraire mes notes sont très bonnes. Je ne dis pas que je suis le premier de la classe, mais je me débrouille.