Par Elodie Leroy - publié le 07 juillet 2005 à 02h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h31 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de l’hommage qui lui est rendu dans le cadre du festival Paris Cinéma 2005, Jackie Chan est venu passer quelques jours à Paris et a répondu aux questions des journalistes lors d’une table ronde. Toujours aussi énergique et passionnée, la légende vivante des arts martiaux s’est exprimée sur son dernier film New Police Story (de Benny Chan, sortie le 13 juillet 2005) et nous a fait part de son sentiment sur la situation actuelle du cinéma hong kongais et du cinéma mondial...



Que ressentez-vous vis-à-vis de cet hommage qui vous est rendu à travers le festival Paris Cinéma ?
Jackie Chan : C’est un véritable honneur. Je suis très surpris de recevoir ce prix qui est très particulier pour moi, parce qu’il ne vient pas d’un pays asiatique. J’ai l’habitude en Asie, que ce soit à Taiwan, à Singapour, en Chine, ou quelque partie de la Chine que ce soit, de recevoir des prix. Chaque fois qu’ils pensent à remettre des prix, ils se disent : "D’abord on va remettre un prix à Jackie Chan". Donc avoir un prix aux Etats-Unis ou en France, c’est un véritable honneur pour moi.

A propos de New Police Story, comment le projet a-t-il été initié ?
Quand j’ai achevé Rush Hour 2 et Shanghai kid 2, le gouvernement de Hong Kong m’a demandé de revenir afin de continuer à faire des films à Hong Kong. J’ai créé une société de production qui s’appelle JCE, parce que je n’avais pas le temps de faire autre chose que de produire des films. Puis Benny Chan est venu me voir avec le scénario de New Police Story. Pour le choix de l’acteur principal, il hésitait entre Jacky Cheung, un chanteur (ndlr : vu aussi dans Une Balle dans la tête, de John Woo), et Tony Leung Kar-Fai (ndlr : vu dans Victim, de Ringo Lam). Mais je me suis dit que ces deux acteurs ne pouvaient pas jouer des superflics, que le seul à Hong Kong à pouvoir jouer un superflics, c’était moi. A ce moment-là, j’avais d’autres choses à faire et j’ai dû quitter Hong Kong, mais mon manager a insisté. Le budget s’élevait à l’époque à 2 millions de dollars et il m’a dit que je devais essayer quand même. Ca tombait bien parce que j’avais envie d’interpréter un rôle plus dramatique et de faire une pause de la comédie, alors j’ai accepté. Et au final, le budget est monté à 15 millions de dollars.

Au début du film, on vous voit vomir, boire, pleurer en vous traînant par terre… On a alors l’impression que vous voulez casser cette image très forte que vous avez construite. Etait-ce volontaire ?
Oui, parce que je voulais vraiment changer de personnage. Je voulais montrer au public que je n’étais pas seulement un combattant et un comique mais aussi un très bon acteur (Rires). A l’issue de ces dix dernières années, où j’ai fait surtout des comédies, j’ai réalisé que je voulais changer et prendre une direction comme l’a fait Robert De Niro, c'est-à-dire montrer que je peux tout faire, tout essayer. Et d’ailleurs, quand vous voyez les vomissements, dans tous les films ils ne vomissent qu’en une fois et après c’est fini. Regardez-moi dans New Police Story ! Je vomis, je vomis, je vomis… ça dure longtemps parce que j’ai ingurgité deux grandes bouteilles d’eau avant de tourner cette scène ! Je voulais vraiment montrer que je pouvais le faire. C’était la même chose quand je devais pleurer et c’était d’ailleurs extrêmement difficile. Personne ne devait me parler dans ces moments-là parce que je devais me concentrer sur l’état de tristesse dans lequel se trouvait mon personnage. Il fallait que je sois vraiment dans sa peau.



Maintenant que vous avez fait New Police Story, qui est un film au ton très sérieux, est-ce que vous réévaluez Crime Story, le film que vous aviez fait en 1993 avec Kirk Wong ?
C’est très différent. Dans Crime Story, le personnage est en quelque sorte un superhéros : il ne tombe jamais, il a une grande confiance en soi et il sait qu’il va réussir. Ce n’est pas une vision réaliste du policier parce que rien ne l’effraie. C’est un superflic que rien ne peut arrêter, il n’est pas humain. Dans New Police Story au contraire, je joue un personnage qui a perdu toute confiance en lui, qui pense qu’il n’atteindra jamais son but parce qu’il n’a pas réussi à combattre ses ennemis. Donc les deux rôles n’ont rien à voir.


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