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Interview : Jet Li (danny The Dog) [page 3]

Par Elodie & Caroline Leroy - publié le 27 janvier 2005 à 13h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h14 - 0 commentaire(s)


Vous venez de rencontrer le public français, vous avez reçu un accueil très chaleureux durant la promotion de Danny The Dog. Qu'avez-vous pensé de cet accueil ?
Ils ont été très courtois et très sympathiques, ils avaient l’air très heureux...

... parce que l'enthousiasme était vraiment très fort quand vous êtes apparu aux avant-premières.
Mon emploi du temps est très serré, même en période de promotion. J'essaye de faire de mon mieux pour prendre des photos avec eux et signer des autographes, mais s'il fallait donner satisfaction à chacun, il y en aurait pour des heures ! (rires) Il m’est impossible de contenter chaque spectateur présent dans la salle de cinéma... Parfois je me sens coupable, j'espère qu'ils comprennent. Je viens de faire deux jours de promotion, et depuis que je suis arrivé à Paris samedi dernier à 6 heures du matin, je travaille de 9 heures à minuit, tous les jours ! Alors si je ne peux pas faire plus, je m'en excuse ! (rires)... La seule chose que je puisse faire pour les remercier de leur soutien, c'est faire de bons films (rires).

Est-ce que vous possédez beaucoup de DVD chez vous ?
Oui, j'en ai plein. J'ai beaucoup d'amis producteurs, en particulier à Hong Kong, et ils m’envoient régulièrement leurs dernières nouveautés DVD.


Vous possédez vos propres films ?
Oh oui, dès qu'ils ouvrent une nouvelle collection Jet Li, ils me la font parvenir.

Et est-ce que vous aimez regarder vos propres films une fois qu'ils sont terminés ?
Je m’efforce de donner mon maximum dans chacun de mes films. Le résultat est que certains films sont réussis, d’autres simplement corrects, et d’autres enfin… pas terribles ! (rires). Je le sais très bien. Je pense qu’au cours d’une carrière d’acteur, sur une trentaine de films, on ne peut pas garantir que chaque film sera mémorable. Et c’est lorsque vous constatez que vous avez fait de mauvais films que vous réalisez, par comparaison, quels sont les films de qualité.
Dans le passé, j’ai fait des films sur lesquels j’avais peu de contrôle. Mais aujourd’hui, si les scénarios qu’on me propose ne me plaisent pas, je préfère encore rester un an sans travailler et me consacrer à autre chose. Bien entendu, dès l’instant où un scénario me motive, je fonce. Mais je ne veux plus faire comme avant… quand je devais travailler avec les grands studios qui me proposaient des projets auxquels je ne croyais pas à peine j’avais fini de les lire. J’étais contraint d’accepter à cause des pressions exercées par le manager, l’agent, tout le monde. Car lorsque l’on tourne et que l’on assure ensuite la promotion du film, on met du même coup en avant son propre nom et on est en mesure d’atteindre un plus large public. Ils avaient tout un tas de raisons. A présent, j’essaie sélectionner davantage mes projets. L'année dernière par exemple, depuis Danny the Dog je n'ai pas travaillé alors que plusieurs réalisateurs m'ont soumis des propositions.


Et justement, en mars je vais tourner un nouveau film en Chine. Le réalisateur sera Ronny Yu (réalisateur de Jiang-Hu, ndlr), et le directeur d’action sera Wo Ping (Yuen Woo Ping, ndlr). Ce film sera dans la même veine que Fist of Legend, mais il y sera question de son maître (Huo Yuanjia, le maître de Chen Zhen, personnage principal de Fist of Legend, ndlr). Et il y aura un contenu très fort… Vous savez, je lis énormément la presse asiatique, et je suis frappé par le nombre de jeunes gens qui se suicident. Ils mettent fin à leurs jours parce qu'ils subissent trop de pression et qu'ils ne trouvent pas de sens à leur vie. Ce phénomène a pris récemment des proportions alarmantes en Chine : en 2003, il y a eu 280 000 suicides. Imaginez que lorsqu’une seule personne se suicide, c’est tout son entourage qui en est affecté, ce qui peut représenter une vingtaine de personnes, entre la famille et les amis. Ce problème plonge donc des millions de gens dans la souffrance, et c’est pourquoi je sens que je dois absolument faire quelque chose pour ces jeunes. Ce que je voudrais leur dire, c’est que tout le monde traverse des moments pénibles comme des moments de bonheur, même le grand patron ou l’acteur. Mais il faut croire en soi-même et redresser la tête car chacun est maître de sa propre destinée. C’est aussi cela la nature humaine. C’est pour cette raison que je tiens à faire ce nouveau film.


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