1. >
  2. >
  3. >
  4. >Interview Jim Sheridan : Reussir Ou Mourir [page 1]

Interview Jim Sheridan : Reussir Ou Mourir [page 1]

Par Augustin Derigny - publié le 09 juin 2008 à 11h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h47 - 0 commentaire(s)
Révélé au grand public au travers de rares mais excellents films tels que My Left Foot et Au Nom Du Père, Jim Sheridan s’est fait un nom auprès des cinéphiles en signant des drames humains poignants et empreints d’humilité. Revenu récemment sur le devant de la scène avec l’inattendu In America dans lequel le cinéaste irlandais s’inspirait de sa propre vie pour relater l’arrivée douloureuse d’une famille immigrée à New York, cet habitué des productions indépendantes s’attaque avec Réussir Ou Mourir à un sujet on ne peut plus casse-gueule, Curtis Hanson étant déjà passé par là avec son très honorable 8 Mile et 50 Cent étant taxé avant même la sortie du film de vilain copieur. Mais que pense-t-il de tout ça, Jim ?



Excessif : Réussir ou Mourir est le premier film que vous réalisez sans en signer le scénario. Comment s’est déroulé le processus scénaristique ?
Jim Sheridan : J’ai tout de suite aimé le scénario du projet mais j’ai par la suite changé certains détails du script, qui était d’ailleurs assez proche du jeu vidéo et donc très axé sur la violence gratuite. Par exemple Marcus commettait des meurtres dans la première version, c’était un personnage happé par la sphère criminelle. J’en ai fait un personnage plus complexe, plus pragmatique, qui cherche avant tout un moyen de s’en sortir. J’ai ainsi introduit l’idée de la quête du père, qui est totalement fictive, tout comme la mort de sa mère qui en réalité est décédée du SIDA. Ensuite 50 Cent est allé plusieurs fois en prison et son bébé est né entre temps, ce qui explique son esprit revanchard. Dans le film Marcus ne va qu’une seule fois en prison pour la bonne et simple raison que le scénario est déjà suffisamment chargé comme cela. Enfin l’agression dans la prison, qui se déroule dans les douches dans le film, s’est en réalité déroulée dans une cour.

Votre précédent film traitait déjà du rêve américain au travers d’une famille d’immigrés irlandais. Ici c’est avec un jeune orphelin noir. Cette ressemblance vous a-t-elle poussé à faire le film ?
Oui tout à fait. J’ai tourné In America en 2001, au moment des attaques du 11 septembre, et j’étais dans un esprit différent, le cadre de l’histoire n’avait rien à voir, le contexte était différent. Réussir ou Mourir adopte un angle plus ironique et agressif vis-à-vis des Etats-Unis.



A propos de 50 Cent, vous évoquez notamment Martin Luther King et Malcolm X. Quels liens a-t-il avec ces grandes figures historiques ?
Vous savez, il y a deux courants majeurs au sein de la communauté noire. Celui qui prône le recours aux droits civiques et à la paix, véhiculé en son temps par Martin Luther King, et puis il y a l’approche plus violente de Malcolm X. Le premier a fait un peu avancer les choses dans un premier temps, et le second n’a pas vraiment marché étant donné qu’il est difficile d’organiser une insurrection pour une minorité. Devant ce constat d’échec, le seul moyen pour un jeune américain noir est donc de croire au rêve américain.


Vos réactions


logAudience