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Interview Laurent Tirard (mensonges Et Trahisons) [page 1]

Par Laurent Tity - publié le 09 mai 2005 à 13h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h27 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie en DVD de son premier long-métrage Mensonges et trahisons et plus si affinités chez Europa Corp, Laurent Tirard revient sur sa conception des rapports homme / femme, sa collaboration avec les producteurs, et assume même les petites lacunes du DVD…

La vision que l'on peut avoir de l'amour est au centre de Mensonges et Trahisons. Quelle est la vôtre ?
Je n'ai pas de vision de l'amour. J'ai des questions. Le film est plus une espèce de constat de l'état des rapports amoureux aujourd'hui tel que je peux les voir autour de moi. Mais je n'ai absolument pas d'idée arrêtée. Et si j'en ai une elle change tous les jours. Il y avait un constat au départ du film, une sorte de théorie, sur les hommes vivent dans le fantasme et les femmes vivent dans la réalité. Ce pourquoi on a un personnage qui vit complètement dans le rêve et le fantasme, et des femmes qui sont très concrètes. Cela m'avait été inspiré par une réflexion que quelqu'un m'a faite un jour, comme quoi on dit toujours que les femmes sont romantiques mais ce sont en fait les hommes les plus romantiques. Les femmes sont beaucoup plus pragmatiques. Et en y réfléchissant je me suis dis que c'était vrai. En tout cas chez les gens qui m'entourent.

Certains trouvent votre film prétentieux. Que vous prétendez posséder la vérité sur l'amour ?
Pourtant je n'ai pas le sentiment de l'avoir fait. Je trouve que c'est même un miracle à la fin que Raphaël et Muriel finissent ensemble. J'aurais plutôt tendance à avoir une vision pas pessimiste mais fataliste des rapports hommes/femmes. Cette critique me trouble car j'ai justement horreur au cinéma d'avoir l'impression qu'on me donne des leçons. Donc si je fais la même chose, c'est embêtant ! Ce n'était vraiment pas l'intention du film. Le but était simplement de présenter une vision de l'amour avec un peu d'humour et de distance. Mais jamais je ne me permettrais de dire que j'ai trouvé la réponse.


Cette femme, Muriel, que Raphaël reconnaît finalement comme étant son âme sœur, existe-t-elle vraiment ?
Non, non c'est un archétype. Ce personnage est fabriqué à partir de plusieurs femmes que j'ai connues. Certaines qui avaient ce franc-parler, cette détermination et en même temps cette vulnérabilité… Mais bon, Muriel n'existe pas, elle est presque trop parfaite, ce n'est pas un hasard. Je sais que les femmes ont beaucoup aimé le film, car elles s'y sont reconnues et ont apprécié le fait qu'on maltraite les hommes plus qu'à l'accoutumée. Je dirais que ma vision des femmes dans le film est assez idéalisée, alors que celle des hommes est plutôt réaliste. Parce que pour les hommes je parle de ce que je connais, et je peux ainsi montrer leurs pires travers. Quand je parle des femmes, j'ai tendance à les présenter sous leur meilleur jour.

La femme a-t-elle encore besoin de l'homme ?
Très franchement, je me pose la question. J'observe que les femmes ont de plus en plus de pouvoir, d'indépendance, elles savent où est leur place et où elles vont. Globalement depuis les années 60 et la révolution sexuelle. Les hommes en revanche, je les sens un peu affolés. Ne sachant plus s'ils doivent pécher par excès de machisme face à ses nouvelles femmes, ou s'ils doivent se laisser marcher dessus, et alors jusqu'où. On voit bien les nouveaux pères, j'en fais partie d'ailleurs. Mon fils à la maison à l'impression que la mère c'est moi ! Je l'emmène à l'école le matin, je prépare son biberon, lui donne le bain, etc. Ma femme travaille et ne rentre que le soir.

On remarque effectivement dans votre film les différentes manières pour les hommes d'appréhender ce nouveau statut de la femme…
Tout à fait. Qu'il s'agisse du personnage interprété par Clovis Cornillac, le footeux viril et macho, ou de Max, plein aux as mais obligé de recourir à des séances de speed-dating qu'il vit très mal. Mais pour répondre à la question d'origine, de savoir si les femmes ont encore besoin des hommes, je pense que oui mais qu'elles ne trouvent pas forcément aujourd'hui ce qu'elles cherchent. C'était une réflexion de nombreuses femmes après avoir vu le film.


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