Remarqué grâce à son excellent thriller décalé
Sur la Trace du Serpent, Lee Myung-Se revient avec un nouveau film surprenant,
Duelist. Adapté du manwha
Damo Namsoon,
Duelist nous plonge plus de trois siècles en arrière pour nous conter l'histoire d'amour entre une jeune détective du nom de Namsoon et le voleur qu'elle pourchasse, un homme mystérieux surnommé Sad Eyes. Véritable choc esthétique, cette œuvre saisissante fusionne à merveille l'univers visuel et sonore avec la narration, à tel point que la romance entre les deux personnages principaux s'exprime presque exclusivement au travers des scènes d'affrontement martial. Un défi esthétique que Lee Myung-Se relève brillamment grâce à un travail stupéfiant de composition effectué sur chaque plan de son film.
Le réalisateur Lee Myung-Se et la comédienne Ha Ji-Won (
Phone,
Sex is Zero) étaient de passage en France à l'occasion du dernier Festival du Film Asiatique de Deauville. Nous venons tout juste de nous installer, dans l'espace réservé aux interviews du Lounge Bar, lorsque Lee Myung-Se vient à notre rencontre. Avec décontraction, il se présente en anglais et nous serre la main, avant de nous demander le plus naturellement du monde si nous avons aimé son film. Au moment où l'interview se déroule, seule Elodie l'a vu et, par chance, elle a beaucoup aimé ! La suite se fera en coréen / français par l'intermédiaire de la traductrice Jeong Eun-Jin. Ha Ji-Won nous rejoint avec le sourire et répondra à nos questions avec simplicité et spontanéité.
Ha Ji-Won et Lee Myung-Se – DEAUVILLE 10 mars 2006 Excessif : Pourquoi avoir choisi d'adapter le manwha Damo Namsoon ? Avez-vous pris beaucoup de liberté par rapport à l'œuvre originale ?
Lee Myung-Se : Si j'ai choisi d'adapter ce manwha, c'est parce que cette histoire était déjà très connue en Corée. Je me suis dit que c'était une excellente manière d'aborder le grand public. Cela dit, j'ai essentiellement gardé l'épisode des faux billets et le personnage de la policière par rapport à l'œuvre originale. Mais ce qui constitue le fond de ce personnage vient plutôt de mon film précédent,
Sur la trace du Serpent.
Et vous, Ha Ji-Won, qu'est-ce qui vous attirée dans ce projet ?
Ha Ji-Won : J'ai toujours voulu travailler avec M. Lee, j'ai donc vu ce film comme une occasion à saisir. Lorsque j'ai eu le scénario entre les mains, l'histoire m'a tout de suite emballée, et ce qui était assez exceptionnel c'est qu'en lisant le texte, j'avais l'impression de voir les images du film et j'ai trouvé cela très intéressant. J'étais aussi très attirée par le personnage de Namsoon, qui changeait radicalement de tout ce que j'avais fait auparavant : c'est vraiment une femme de caractère. Enfin, j'ai tout de suite aimé cette expression de la romance entre Namsoon et Sad Eyes, son adversaire, à cause de ce mélange d'affrontement et d'amour, de sentiments. Pour toutes ces raisons, je voulais faire ce film.
M. Lee, le film se démarque par la composition exceptionnelle de l'image, ces couleurs et ces lumières. Pratiquez-vous les arts graphiques et quelles sont vos inspirations ?
Lee Myung-Se : En fait, je ne me suis jamais essayé aux arts graphiques mais il est vrai qu'il y a des peintres que j'apprécie énormément. Réaliser ce film représentait une sorte de défi que je me suis lancé. Je pensais notamment à Matisse et à des tableaux tels que
La Danse. De façon générale, j'étais très inspiré par le mouvement et les couleurs éclatantes que l'on trouve dans les oeuvres de Matisse, et je voulais mettre tout cela dans mon film. J'ai aussi pensé à
Manhattan de Mondrian en ce qui concerne l'équilibre de l'image. Pour résumer, Matisse m'a plutôt influencé pour les couleurs, et Mondrian pour la composition globale des images.