Par - publié le 17 juillet 2008 à 12h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h26 - 0 commentaire(s)
Avec L’incroyable Hulk, Louis Leterrier propose une version différente de celle réalisée il y a cinq ans par Ang Lee, dont les ambiguïtés toujours tenaces avaient été mal comprises. L’objectif: faire plus simple, plus limpide en privilégiant l’action aux divagations psychologisantes. Sa version des événements, nourrie de surprises et de références, ne manque ni d’efficacité ni d’envergure. Tout en respectant la version de Ang Lee (qu’il affectionne sincèrement), il a choisi une approche plus instinctive en puisant son inspiration dans les souvenirs enfantins de la série télévisée. Ce n’est que quelques années plus tard, pendant ses études aux Etats-Unis, qu’il a découvert les comics. Son interview se déroule en deux parties distinctes. Dans un premier temps, Louis Leterrier revient sur l’expérience de Hulk (rapport avec Marvel, héritage de Ang Lee, Ed Norton). Dans un second, il se confie sur sa carrière qui prend du galon. La suite arrive demain sur excessif.com.



Comment avez-vous connu l’univers de Hulk?
J’ai connu les comic-book Marvel sur le tard. Tout simplement parce qu’ils étaient moins distribués qu’aujourd’hui. En revanche, je conserve des souvenirs forts de la série télévisée qui a largement servi pour cette version de Hulk. Je pense que c’est plus une question de génération. Aujourd’hui, j’ai 35 ans. Et la série passait en même temps que L’homme de l’Atlantide, San Ku kaï et Les mystères de l’ouest. Toutes ces séries ont été mes grands chocs émotionnels et je m’en réjouissais quand je les regardais le mercredi avec ma grand-mère. En tant que réalisateur, il faut toujours trouver une accroche émotionnelle, un lien fort. Sinon on ne peut pas s’investir dans un tel projet. Quand tu réalises un film, ça prend deux ans de ta vie. Personnellement, il est juste hors de question que j’accepte un projet sur un coup de tête en me disant que ça va peut-être potentiellement marcher. Il faut à tout prix que je sois amoureux du projet. Et j’étais amoureux de cette série. Marvel m’a approché au départ en pensant que j’étais la personne adéquate pour réaliser Hulk. Au départ, j’étais un peu réticent. Pour en savoir plus, ils m’ont demandé ce qui me plaisait chez Hulk et ce qui m’avait marqué dans cet univers. Je leur ai immédiatement répondu la série.



En voyant le film, la série prend effectivement le pas sur le comic.
Lorsque j’ai revu la série des années plus tard, je me suis demandé comment j’avais pu aimé ça. En réalité, je me suis rendu compte que ce n’était pas tellement le côté monstre qui m’intéressait chez Hulk. Que tu aies 10 ans, 20 ans ou 30 ans, le monstre paraît toujours aussi ridicule avec son pantalon bidon. Par contre, j’ai toujours trouvé qu’il se dégageait quelque chose de très émouvant. La musique était vraiment bien. Il y avait une espèce de brisure, proche du mythe de Sisyphe chez Hulk. C’est comme s’il y avait à chaque fois une reconstruction de sa vie vers un but changeant jamais palpable. Hulk y fuit sa propre personnalité; et rien que de ce point de vue, la démarche est intéressante. Après, j’ai relu la bédé. J’ai fait mes études de cinéma aux Etats-Unis donc j’ai redécouvert les comic book à ce moment-là. Je m’intéressais à la narration, comment on raconte une histoire. Je connaissais les livres, les films mais l’univers des comic book, moins. Je savais que cette culture était importante aux Etats-Unis donc je m’y suis plongé et j’y ai découvert une substance très riche. J’y ai découvert des comics incroyables comme Preacher, de Garth Ennis et Steve Dillon, qui ose adopter un point de vue irrévérencieux sur la société américaine. Pour Hulk, j’ai découvert les apports de Peter David et surtout de Bruce Jones dont l’adaptation avait une espèce de patine un peu sale, avec des thèmes qui me rappelaient ceux de la série (l’idée de la fuite perpétuelle) tout en restant extrêmement profond. Mais ce n’est pas ce Hulk-là que les gens connaissent le plus. En cela, je ne voulais pas faire une adaptation trop pointue de Hulk. Pour résumer, L’incroyable Hulk commence dans l’esprit dans la série et finit comme un hommage à Peter David et Bruce Jones.


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