Voilà maintenant cinq ans que Michelle Yeh dirige
Three Dots Entertainment, une société de production taiwanaise qui comme son nom le sous-entend, est spécialisée dans le cinéma de divertissement. Non, il ne s'agit pas d'une blague, le cinéma taiwanais n'est pas uniquement composé de drames intimistes tournés par des cinéastes cinquantenaires. Il est vrai que depuis vingt ans, les films taiwanais distribués en France sont principalement des films dits d'auteurs, où les noms de deux cinéastes reviennent assez souvent : Hou Hsiao-hsien et Tsai Ming-liang. Encensés par la critique internationale, les films de ces cinéastes majeurs de Taiwan sont pourtant largement ignorés par le public local, qui préfère consommer du " blockbuster " hollywoodien façon
Matrix ou
Spiderman.

Lorsqu'en novembre 2002, durant le
Festival International du Film de Pusan (Corée du Sud), Michelle Yeh vient, flyers et posters sous le bras, faire la promotion de son premier projet,
Formula 17 (la première comédie gay made in Taiwan), le film n'est même pas encore en pré production. Bien qu'extrêmement motivée et déterminée à crééer une nouvelle tendance, la partie ne semblait pas gagnée d'avance pour Michelle Yeh. Et pourtant,
Formula 17 triomphe au box-office en 2004 et devient le second plus gros succès local de l'année.
Three Dots Entertainment enchaîne aussitôt avec
The Shoe Fairy de Robin Lee, une comédie décalée dont le coté surnaturel n'est pas sans rappeler
Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, puis un film d'épouvante,
The Heirloom, qui domine le box-office local en 2005. Doté d'un budget relativement bas de 500 000 $US, le résultat à l'écran en paraît au moins quatre fois plus, le passé du jeune Leste Chen, issu de la pub et du video clip, y étant sans doute pour quelque chose. En 2007, Michelle est plus que jamais décidée à donner un coup de jeune au cinéma taiwanais, en permettant à de nouveaux talents de s'exprimer de la façon la plus personnelle possible.
THE HEIRLOOM de Leste Chen (2006) DVDrama : Bonjour Michelle, pouvez-vous nous parler des nouveaux films que vous êtes venue présenter à Cannes cette année ?Michelle Yeh : Nous sommes venus présenter au Marché du Film de Cannes deux nouveaux longs-métrages.
Spider Lilies, de la réalisatrice taiwanaise Zero Chou, prix Teddy au Festival de Berlin cette année, a été montré aux acheteurs potentiels sur grand écran. Il s'agit du second film de cette réalisatrice après
Splendid Float, qui circula il y a trois ans dans de nombreux festivals dont le
BFI London Film Festival, et qui fut aussi sacré meilleur film taiwanais aux Golden Horse.