Présente au dernier festival de Deauville pour défendre les couleurs bariolées de Shoot’ em up, jeu vidéo grandeur nature où les personnages possèdent plusieurs vies, Monica Bellucci en profite pour revenir sur les films qu’elle a fait et ceux qui vont arriver. Entre
Irréversible, de Gaspar Noé et
Le deuxième souffle, d’Alain Corneau.
Comment faut-il prendre Shoot’ em up ?Comme une bande dessinée décalée. Il y a beaucoup de violence mais elle reste surréaliste. Il y a avant tout beaucoup d’humour et d’amour. Car c’est une histoire d’amour entre un James Bond trash et une prostituée au grand cœur qui apprend à devenir mère. Au milieu de cette violence, la femme est l’élément qui amène l’émotion.
C’est la troisième fois que vous interprétez une prostituée après Combien tu m’aimes ?, de Bertrand Blier, et She Ate Me, de Spike Lee.Ce sont des univers différents. Combien tu m’aimes ? est un film d’auteur très pointu. Là, on est dans le film d’action. C’est très différent. L’enfant est très important dans Shoot’ em up. Il arrive comme par accident dans la vie de cette fille et change considérablement les existences des personnages. J’aime aller chercher des risques. J’interprète des personnages très différents. J’adore l’idée que l’on puisse être plusieurs personnages dans une même vie. Du jour au lendemain, je peux faire
Irréversible et
Astérix. C’est ça qui est intéressant pour une comédienne : passer d’un film d’auteur à un divertissement.
Vous aimez les films comme Shoot’ em up ?Oui, autrement je ne les ferai pas. J’ai appris à lire avec une bande dessinée. Et j’adore ça. Je fais des films comme
Matrix,
Le pacte des loups,
Dobermann. Quand je vois ma filmographie, je me rends compte que je fréquente souvent des univers particuliers. On ne peut pas analyser Shoot’ em up au premier degré. On me demande souvent si, en tant que mère, je ne suis pas gênée par le fait que des balles fusent autour d’un bébé. Sur un tournage, on ne peut avoir un bébé que quelques minutes par jour. Pour les scènes d’action, c’est un bébé télécommandé.