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Interview : Peter Greenaway [page 3]

Par - publié le 22 février 2008 à 08h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h08 - 0 commentaire(s)
La grande différence dans votre version de Rembrandt, c’est que vous imposez votre point de vue sur les événements qui ont affligé son existence.
Totalement. Je revendique un travail subjectif. C’est pour cette raison que les puristes dénotent certains détails qui ne fonctionnent pas selon eux. A cela, je réponds que l’art est une notion subjective. Je ne peux pas prouver tout ce que je raconte mais je mets au défi quelqu'un de me démontrer que j’ai tort. La télévision allemande m’a donné de l’argent pour que je réalise un documentaire. Je l’ai intitulé «J’accuse» en référence à Zola pour prouver que rien n’appartient à personne. Et qu’en ce sens toutes les opinions se valent. J’ai toujours aimé l’idée que l’on pouvait déceler des indices d'une enquête policière à travers l'art et qu’en se basant sur ces indices, on pouvait traduire des idées.


Cela nous amène à Meurtre dans un jardin anglais, que vous avez réalisé en 1982, où une femme demande à un peintre de dessiner un manoir selon différents points de vue. Au bout du compte, on se rend compte que le peintre se compromet dans le meurtre du propriétaire du manoir.
J’ai un ami qui a fait le rapprochement et a dit que mon film aurait pu s’appeler comme le titre français à l’époque: «Meurtre dans un tableau Hollandais». Aujourd’hui, je ne serai plus trop capable de vous en parler. Mais vous savez entre les films qui se font et les projets qui se défont, ma filmographie devient complexe. A un moment donné, je devais même faire un film avec Madonna et Vincent Gallo qui ne s’est jamais fait. A chaque fois, je rebondis. Je sais qu’après le film pornographique au Brésil, j’aimerais beaucoup faire un film de fantôme dans le sillage des films japonais des années 70. J’aimerais aussi partir en Australie pour faire un film de science-fiction. Et en Chine pour tourner un film sur les femmes qui ont marqué la vie d’Henry VIII. J’ai tellement d’envies simultanées...

Propos recueillis par Romain Le Vern
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