Véritable bête de scène, c’est à Aix en Provence et sur les planches du Théâtre du Soleil qu’il a fait ses premiers pas. Il se lance ensuite, après avoir incarné Molière devant la caméra d’Ariane Mnouchkine, dans une incroyable épopée théâtrale centrée sur son propre parcours. Une aventure personnelle qu’il poursuit brillamment depuis 1981 et dont seuls Yves Robert pour
La gloire de mon père et Frédéric Schoendorffer aujourd’hui pour
Truands l’ont détourné, donnant l’occasion à ce brillant acteur de s’exprimer différemment pour notre plus grand plaisir. Une rencontre que l’on attendait avec impatience, que l’on redoutait aussi, tant l’acteur semble explosif, emporte son public avec ferveur lorsqu’il est sur scène, une rencontre emportée effectivement par la passion d’un homme excessif, profondément entier.
En parallèle d’une étonnante carrière théâtrale, vous n’avez tourné que trois films. Pourquoi vous faire si rare au cinéma, est-ce parce que vous êtes particulièrement exigeant par rapport au scénario que l’on vous propose ou est-ce parce que vous êtes tout simplement préoccupé parallèlement par vos propres projets ? Il n’y a pas de mystères, si j’avais été plus libre, j’aurais certainement eu l’occasion de plus tourner. En même temps, on ne m’a pas proposé beaucoup de scénarios et heureusement car cela aurait été en fait horrible pour moi de refuser des récits qui m’auraient excité. Je n’ai pas eu tant que ça à faire des choix et surtout je n’ai pas eu à refuser de scénarios qui m’aient vraiment plu. Ceux que l’on m’a proposés, je les ai laissés tomber honnêtement sans aucun regret. Je n’ai jamais eu l’impression de passer à côté de quelque chose, il y en a franchement très peu d’intéressant et, ceux qui le sont, sont envoyés la plupart du temps directement aux comédiens qui sont plus ancrés dans l’univers du cinéma. Que l’on m’ait contacté pour ce film est une chance incroyable, ce qui est amusant, d’ailleurs, c’est que Schoendorffer y ait pensé en me voyant dans Thalassa ! Il ne me connaissait pas, il ne va jamais au théâtre. J’ai dû le tanner pour qu’il vienne me voir là, il ne voulait pas et finalement il a été agréablement surpris, il ne pensait pas qu’il allait rire. C’est donc vraiment un coup de chance. Avec Yves Robert, cela s’était passé différemment, il m’avait repéré, il me connaissait, il m’avait déjà fait d’autres propositions.

La perspective de cette nouvelle aventure vous a immédiatement excité pour le coup ?L’idée m’a immédiatement plu, d’autant plus que l’on m’avait précisé qu’il s’agissait du parrain, ce qui m’enthousiasmait. Apprenant ensuite que c’était Schoendoerffer qui était aux commandes, je n’ai pas pu résister et je me suis organisé pour pouvoir tourner ce film, ce qui n’était pas évident pour moi car j’étais alors plongé dans mon intégrale. Plus que le scénario, c’est l’idée de jouer un truand qui me séduisait, j’en ai toujours rêvé, comme beaucoup de gens de ma génération je pense, celle de
Scarface, d’
Un après-midi de chien, d’Al Pacino et Robert de Niro, on a tous eu envie d’incarner de tels personnages. Je ne prétends pas arriver à leur niveau en tant qu’acteur, j’en suis très très loin, mais l’idée était évidemment très attirante. Ce que j’apprécie au cinéma, ce sont les émotions qui s’en dégagent, quelles qu’elles soient, la violence, l’érotisme, le romantisme, l’humour. Pouvoir faire passer des émotions très fortes, c’est vraiment l’une des grandes supériorités du cinéma par rapport au théâtre, le théâtre tel qu’il est, pas tel qu’il devrait être, l’émotion est franche, directe, puissante. En regardant
Nos meilleures années, on n’arrête pas de pleurer pendant trois heures, en voyant
Truands j’espère que les spectateurs auront peur. Au théâtre, c’est souvent plus difficile de bousculer le public.