Par Laurent Tity - publié le 15 janvier 2007 à 03h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h22 - 0 commentaire(s)
Il faut un culot incroyable pour demander à Jean-Pierre Cassel d’accepter un rôle où il ne prononce pas un mot du début à la fin. Comment l’avez-vous convaincu ?
C’est surtout lui qui a accepté en fait. Lorsque j’ai appris qu’il était d’accord je suis allé le rencontrer et je lui ai dit : « honnêtement, qu’est-ce qui vous intéresse là-dedans ?! C’est un petit rôle, vous ne parlez pas, vous n’avez pas besoin de ç, ce n’est pas bien payé… » Et il m’a répondu qu’il aimerait être porté par Olivier Gourmet ! Ca m’a plu. Il était aussi très enthousiasmé par le fait de jouer uniquement avec le regard. Il a tout de suite compris comment interpréter ce personnage. C’est quelqu’un de charmant à qui on ne demande jamais de recommencer une prise tellement il est parfait. J’ai fini par l’appeler Jean-pierre « une prise » Cassel !



Quelle est votre ligne directrice dans la direction d’acteur ?
La capacité de jouer le plus naturellement possible. De se rapprocher du documentaire, comment les gens sont dans la vraie vie. Les performances d’acteur ne m’intéressent pas. J’ai besoin de voir quelqu’un de vrai.

Avez-vous des influences particulières ?
Le cinéma anglais est très important pour moi. J’adore Ken Loach, Michael Winterbottom. Dans le cinéma américain j’apprécie énormément Steven Spielberg qui m’a fait rêver dans les salles quand j’étais jeune. Même s’il est très manipulateur et qu’il prend trop les gens par la main, j’aime toujours autant son travail. En France il y a un tas de réalisateurs que je respecte beaucoup. Jacques Audiard, Julie Bertucelli dont j'ai vu Depuis qu'Otar est parti, les deux films de Zabou Breitman. Mes influences personnelles sont un mix de tout, je ne peux pas dire que je me revendique de qui que ce soit. D’ailleurs mes films ne ressemblent à pas grand-chose. On m’a beaucoup comparé depuis Congorama à Inarritu à cause de 21 grammes et Babel mais c’est totalement erroné puisque lui déconstruit le récit alors que moi je ne le déconstruis pas je bascule de point de vue, ce qui n’est pas pareil.



Quels sont vos projets ?
J’ai adapté un roman québécois intitulé C’est pas moi je le jure qui parle d’un enfant de dix ans, menteur, destructeur, autodestructeur, mais très drôle. Ce sera un film avec un enfant mais pour les adultes car ce qui se passe est assez dramatique même si la façon dont ça se passe est drôle. C’est un peu le passage de l’enfance à l’adolescence, forcément douloureux. Le scénario est prêt, j’attends de voir si on pourra tourner cet été.

Propos recueillis par Laurent Tity
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