Entre
La maison des 1000 morts (disponible en dvd) et
The Devil’s rejects (visible le 19 juillet dans les salles), les efforts fournis par Rob Zombie alias Robert Cummings s’avèrent impressionnants. Ce nouveau volet est une sorte de suite – remake d’un premier opus perfectible qui adoptait un style visuel bourré d’afféteries et de coquetteries. Dans
The Devil’s rejects, c’est l’inverse : les deux films sont assez différents (un hommage potache à
Massacre à la tronçonneuse et un road-movie sérieusement sanglant). Quoiqu’il en soit, ils sont indissociables par leurs personnages qui prennent ici une dimension aussi viscérale que passionnante. Mais ce n’est pas tout :
The Devil’s rejects est aussi et surtout un excellent hommage aux films d’exploitation des années 1970, aux films dits de terreur viscérale. Quelque chose comme le
Electra Glide in Blue du survival / road-movie anarchiste dont le cutter tranchant vient ajouter quelques balafres au portrait lisse de tonton Sam. Quelque chose comme une production d’une insolente indépendance que l’on croirait sortie des années 70.
Excessif : The House of 1000 Corpses est très différent de The Devil’s rejects que ce soit dans la forme, la construction narrative ou les influences. Comment avez-vous décidé de réaliser cette suite et quels ont été vos parti-pris esthétiques ?Rob Zombie : J’ai décidé d’effectuer un changement radical parce que j’avais plus de liberté sur celui-ci et je pensais que la perspective de voir les mêmes personnages dans un film différent serait cool. Aussi, quand on parle souvent de la suite d’un film, les réalisateurs ont fâcheusement tendance à refaire la même chose, à brasser les mêmes éléments que le premier. Mon objectif a été alors de prendre le contre-pied et de donner une dimension autrement plus inattendue. Visuellement, j’ai utilisé beaucoup d’artifices que ce soit des ralentis, des instantanés ou même des inserts vidéo Super-8 et j’ai beaucoup tourné en Super 16.
Plus qu’un film d’horreur, The Devil’s rejects semble appartenir au western jusque dans les conflits paradoxaux qui animent les personnages.Tout à fait, mais je dirais surtout que c’est un croisement des genres même si
The Devil’s rejects se rapproche plus du western que du film d’horreur. C’est l’un des principaux changements entre mes deux longs. Le premier est un film d’horreur pur alors que le second emprunte différentes directions sans nécessairement savoir là où tout ça va nous mener. En terme de western, j’ai simplement été impressionné par
La horde sauvage qui est l’un de mes films préférés au monde.
Le fait que le film adopte le style seventies peut se lire de différentes façons. On peut y voir des hommages divers mais surtout une volonté presque nostalgique de revenir à une époque où les réalisateurs avaient la liberté de faire les films qu’ils voulaient sans les contraintes actuelles. C’est précisément pour cette raison, en effet, que j’ai fait cette suite. Je suis vraiment fan de ces films depuis longtemps. C’est une période de cinéma que j’affectionne pour les raisons que vous venez de mentionner. Je suis un grand fan des
survival des années 70, ne serait-ce que pour leurs outrances ou même leurs imperfections, comme j’aime les films de Romero. Les réalisateurs avaient les couilles de réaliser ce que bon leur semblaient sans se soucier de questions morales. On assiste à ce terrible paradoxe aujourd’hui, qui veut qu’on ne peut plus rien faire sans immédiatement se faire taxer. C’est un premier point. Le second, c’est pour la musique des seventies que je trouve plus riche et la clarté des intrigues où tout était beaucoup plus simple et efficace.