Les réalisateurs Roger Gual et Julio D. Wallovitz se sont rendus à Paris pour assister à l'avant-première de leur premier film,
Smoking Room, qui avait lieu le 4 octobre dernier. A cette occasion, ils nous ont accordé le lendemain un long entretien au cours duquel ils se sont largement étendus sur le contenu du film et leurs intention, dans une ambiance plutôt détendue.
EXCESSIF : Pourriez-vous nous décrire brièvement votre parcours ?Roger Gual : Avant de nous lancer sur le projet
Smoking Room il y a cinq ans, nous travaillions tous les deux dans le monde de la publicité. Nous avons d'ailleurs continué à y travailler, même lorsque nous planchions sur le scénario du film. Mais depuis que le film a été tourné, seul Julio continue à mener de front les deux activités, publicité et cinéma tandis que de mon côté, je me consacre désormais uniquement au cinéma.
EXCESSIF : D'où vient l'idée de Smoking Room ?Julio D. Wallovits : Quand j'ai eu l'idée de ce film, Roger était à New York et je travaillais dans une agence de publicité à Amsterdam dans laquelle il était interdit de fumer. On était obligé de sortir pour fumer et j'étais toujours très frappé par le fait que les gens ne cessaient de médire de l'entreprise quand ils étaient dehors puis changeaient radicalement de comportement au moment de rentrer. Ce contraste m'a passionné et j'ai trouvé que cela montrait assez bien ce que signifie "travailler en entreprise". J'ai écrit un premier jet quand j'étais à Amsterdam et lorsque nous sommes rentrés à Barcelone, nous avons commencé à travailler ensemble sur le scénario.
EXCESSIF : Le film se fonde donc sur une observation de votre propre environnement ?Julio D. Wallovits : Pas vraiment, dans le sens où nous ne rapportons pas d'anecdotes spécifiques vécues. Mais ce qui nous intéressait, c'était cette histoire de sortie/entrée entre ces deux mondes, comme cadre esthétique nous permettant de traiter de sujets intéressants.
EXCESSIF : Je voulais évoquer plus largement l'expérience de la vie en entreprise. Il est assez rare au cinéma de voir un film qui retranscrit véritablement l'ambiance qui règne au sein d'une entreprise. On en voit souvent une vision très fantasmée alors qu'on sent un certain vécu dans Smoking Room.Roger Gual : Il est vrai qu'on idéalise parfois le monde du travail… or le monde du travail, c'est généralement dix heures de merde ! (rires)
Julio D. Wallovits : Je travaille depuis que j'ai 14 ans et je connais très bien le monde du travail. Il est clair qu'il y a un reflet de ce vécu dans le film. Cependant, à mes yeux, c'est le problème humain qui prime dans le film et non les aspects "politiques".