1. >
  2. >
  3. >
  4. >Interview : Romuald Beugnon [page 4]

Interview : Romuald Beugnon [page 4]

Par David Brami - publié le 20 décembre 2007 à 13h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h04 - 0 commentaire(s)
Et maintenant que le film est fait, vous avez d’autres projets qui se profilent ?
Ma femme est réalisatrice, et elle écrira mon prochain long, mais pour le moment on inverse, je suis scénariste de son premier long. De mon côté, j'ai un projet assez ambitieux, peut-être pour mon 3ème ou 4ème film… J'ai vécu un an au cirque Pinder, et j'avais envie d'écrire quelque chose qui se passe dans le milieu du spectacle sans être un film de cirque.

Un rapport avec la magie ? Avec votre background, on imagine qu’en voyant des films comme Le prestige ou l’Illusionniste, vous en décelez immédiatement els éventuelles erreurs…
Disons que les films hollywoodiens sur le cirque ou la magie sont de très beaux films généralement, mais dans une fantasmatique… qui m'intéresse, mais j'aurais envie de passer autre chose. J'aurais par exemple envie de raconter une réalité sociale et économique, chose qu'on n'a pas beaucoup vu. Et c'est vrai que... j'aurais envie de raconter la mondialisation à travers le cirque, chose qu'on n'imagine pas. Raconter l'arrivée de l'économie de marché dans un milieu familial traditionnel. Mais j'aimerais qu'il y ait de beaux numéros de cirque.


Ca peut être très spectaculaire…
Effectivement. Là, pour le moment je prépare une série d'interviews de grands noms du cirque. Je souhaite qu'ils me racontent leur vie, leur vision de ce qu'est devenu le cirque aujourd'hui. Alors je ne sais pas encore si ce sera un documentaire ou simplement de la documentation pour moi, mais voilà... Et sur la magie, j'ai envie de raconter un peu l'histoire des saltimbanques, celle de ceux qui allaient ou qui vont présenter leur spectacle de ville en ville… Mon grand père a écrit un livre quasiment à l'usage de la famille, racontant sa vie sur les routes, et j'ai envie de m'inspirer de ça, de la tradition familiale et de ce que moi j'ai vécu. Je ne sais pas si ce sera un film sur le cirque, un film sur les saltimbanques, un film sur la magie, mais ce sera un film sur cet univers, et il sera beaucoup question de route.

Un dernier mot ?
Je fais aussi des films expérimentaux, et je connais beaucoup de réalisateurs qui s'interrogent sur le fait de rester dans le milieu expérimental, et de continuer ou non à faire des films chez soi qui sont diffusés soit sur internet, soit dans des festivals. Ils se posent la question de passer au long métrage, avec un budget, une équipe à gérer, une logistique qui peut parfois engendrer des frustrations, et une liberté forcément moindre que celle qu'on a chez soi, dans son laboratoire. J'ai envie de faire un peu les deux : d'un côté, avoir des projets de longue haleine comme le film qui sort ou le projet dont on vient de parler; de l'autre, faire des films chez moi, filmer peut-être même un long-métrage juste avec des amis, une caméra vidéo et le monter chez moi. J'ai aussi des projets de ce type là, que je présenterai plus tard. Cela me plaît beaucoup, de la même manière que mon film joue ente différents genres, de ne pas être à un seul endroit dans le cinéma, mais de faire partie de différents milieux. Et une dernière chose, le film a obtenu avant-hier le prix du public au Noir Film Festival de Courmayeur, qui est un festival de films noirs assez important en Italie. Et cela me fait très plaisir de voir que cet humour qui s'inspire parfois de la comédie italienne, soit compris en Italie, et ait un tel succès auprès du public.

Propos recueillis par David Brami
Vos réactions


logAudience