La fuite du personnage de Chris pendant la première guerre du golfe (celle de Bush père qu'on aperçoit à la télévision dans le film) n'a t'elle pas tout de même une valeur plus engagée et politique dans l'Amérique de l'après 11 septembre ?On a tendance à oublier que la politique est conçue pour améliorer la qualité de vie. Il n'y a pas de description académique valable au delà de ça. La qualité de la vie signifie choisir votre existence et exiger la liberté de la mener comme vous l'entendez. Alors en ce sens, bien sûr que c'est politique. Tant que cette idée, cette exigence de liberté sera là, cette exigence politique ne pourra pas nous quitter.
Que vous inspire les grands paysages, les grands espaces vierges ?Je pense qu'il y a une chose dont chacun d'entre nous a pu faire l'expérience, quand on sort un peu de sa zone de confort, c'est la sensation de se libérer de son fardeau, d'oublier les hypocrisies, les mensonges qui vous minent. On se libère de ça au fur et à mesure qu'on s'aventure dans la nature et dans son authenticité. On a le sentiment d'être comblés. On est mis à nu et libres. Charles Bukowski me disait que parfois il prenait trois ou quatre jours où il ne faisait absolument rien, ne parlait pas, ne lisait pas, ne regardait pas la télévision. Il en ressortait en se sentant revigoré, empli de puissance. Dès qu'il revoyait un visage une partie de cette puissance lui échappait, mais l'autre lui restait et vivait en lui. C'est cette autre façon de vivre plus puissante que les grands espaces permettent.
Propos recueillis par Nicolas Houguet