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Interview : Sidney Lumet [page 4]

Par Arnaud Bordas - publié le 27 septembre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h34 - 0 commentaire(s)
Vous tournez depuis plus de 50 ans, vous avez connu le succès et les honneurs, parmi lesquels l’hommage que vous rend actuellement la Cinémathèque Française. Que ressentez-vous quand vous regardez en arrière ?
Ça va vous paraître étrange, mais je ne regarde jamais en arrière. Je ne revois pas mes films, ni à la télé, ni en vidéo. Quand on vient me chercher pour présenter l’un de mes films dans un cinéma ou un festival, je viens dire ce que j’ai à dire puis je m’en vais, je ne reste pas avec le public pour regarder le film. Ce n’est pas parce que je ne suis pas curieux, c’est juste parce que, une fois qu’il est terminé, je ne peux plus rien faire pour le film. C’est fini. La carrière que j’ai eu, les grands acteurs que j’ai dirigé, tous les gens formidables avec qui j’ai travaillé, je n’ai qu’une chose à dire là-dessus : j’ai eu beaucoup de chance. J’ai eu la chance de savoir où était ma place dans la société et de faire de belles rencontres, c’est tout.


Et quand vous regardez devant vous alors ?
Pour ce qui est du monde, ce n’est pas très rose. Politiquement, j’ai peur que nous nous acheminions peu à peu vers un désastre. Par contre, en ce qui me concerne, j’ai toujours envie de travailler. La Haute Définition est une véritable aubaine. C’est une bénédiction que de pouvoir continuer à tourner à mon âge, avec une caméra qui tient dans la main. Là, normalement, je vais enchaîner avec un nouveau film baptisé Getting Out. C’est un drame et un film d’action, ça parlera d’une évasion de prison. J’ai hâte de le tourner.

Propos recueillis et traduits par Arnaud Bordas
(un grand merci à Jean-Christophe Buisson)
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