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Interview : Sono Sion (strange Circus) [page 1]

Par Caroline et Elodie Leroy - publié le 20 octobre 2006 à 10h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h13 - 0 commentaire(s)
Alors que l'Etrange Festival édition 2006 touchait à sa fin, le 11 septembre dernier, nous avons eu la primeur de rencontrer le réalisateur japonais Sono Sion, dont l'étonnant Suicide Club nous avait fortement secouées il y a quelques années lorsque nous l'avions découvert, un beau matin, au Festival du Film Asiatique de Deauville. Ayant eu l'occasion entre temps de découvrir d'autres oeuvres de ce cinéaste hors normes, comme les très beaux Requiem pour Noriko et Strange Circus, c'est non sans une certaine curiosité que nous nous sommes rendues sur place, impatientes de savoir si l'homme ressemblait à ses films.

A peine installées sur le confortable canapé, nous sommes informées que Sono Sion débutera l'interview après nous avoir lu les lignes de la main. Par chance, nous échappons mystérieusement à cette épreuve insolite et commençons par savourer le délicieux champagne que l'on vient gentiment de nous servir, avant de rentrer dans le vif du sujet. Mais l'intention est là : Sono Sion est un homme convivial et imprévisible, qui force immédiatement la sympathie. Un peu plus tard, nous nous apercevons qu'il est aussi très dragueur… L'interview se prolongera d'ailleurs par une longue et très enjouée conversation, au cours de laquelle le réalisateur demandera avec insistance Elodie en mariage. Le métier de journaliste réserve décidément bien des surprises !…


STRANGE CIRCUS

EXCESSIF : Quel est votre sentiment sur l'Etrange Festival ? En aviez-vous entendu parler auparavant ?
Sono Sion : Je vis dans un tout petit coin en Asie, donc je ne connaissais évidemment pas l'existence de l'Etrange Festival. Je viens en France pour la première fois. C'est un pays que je voulais visiter depuis longtemps sans oser le faire. La littérature française m'a toujours fasciné, j'ai beaucoup lu Baudelaire, par exemple, et c'était tellement beau que j'avais peur de voir la différence entre la France de son époque et celle d'aujourd'hui. C'est un peu comme vous, les Occidentaux, qui voyez le Japon comme le pays des samouraïs, des geishas, des cerisiers…

Qu'avez-vous pensé de votre contact avec le public français lors des sessions de questions/réponses à la fin des films ?
J'étais surpris de voir que le public français ressemblait finalement beaucoup au public japonais. Les gens sont timides, ils ne parlent pas fort. Mais ce qui m'évoque le plus le public japonais, c'est le fait que ce sont ceux qui réfléchissent beaucoup, ceux qui ont vraiment des choses à dire, qui n'osent pas parler. Alors que ceux qui osent parler sont ceux qui réfléchissent le moins…


SUICIDE CLUB

Avant d'en venir à des questions plus thématiques, quels sont les films ou réalisateurs qui vous ont donné envie de faire du cinéma ?
En fait, il n'y en pas vraiment parce que je n'ai jamais cherché à devenir réalisateur. Quand j'étais plus jeune, j'aimais évidemment le cinéma mais j'aimais aussi le manga ou d'autres choses. J'étais quelqu'un de très individualiste. C'est pourquoi je m'étonne moi-même d'être devenu réalisateur car c'est un métier qui consiste précisément à diriger une équipe. Le cinéma est un art collectif alors que j'aime tout particulièrement les travaux individuels. Finalement, je fais un métier que je n'aurais jamais imaginé exercer un jour.

Avez-vous des auteurs de prédilection dans le roman ou le manga ?
Est-ce qu'il faut tout citer ? Il y en a tellement ! (rires) En ce qui concerne la littérature française, je peux citer Jean Genêt, Baudelaire, Jean-Paul Sartre, Joris-Karl Huysmans, Georges Bataille, Arthur Rimbaud, Lautréamont, tous les auteurs de la littérature surréaliste. J'admire aussi les peintres mais je ne sais pas lesquels d'entre eux sont français.


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