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Interview : Sylvie Verheyde (stella) [page 1]

Par Kevin Dutot - publié le 11 novembre 2008 à 02h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h28 - 0 commentaire(s)
Rien n'aurait pu vraiment nous préparer à rencontrer Stella... Ou si : peut-être bien un poing dans la figure, ou un coup de tête sur un radiateur en fonte. Un choc en somme. Car cette petite gamine de 11 ans, fille d'un couple de tenanciers de bar et débarquant dans un milieu auquel elle n'appartient pas (un collège bourgeois), va vous faire l'effet d'une bombe. Sa fougue, son goût pour le bon mot involontaire et son sourire aussi rare qu'une année bissextile font de ce personnage une figure emblématique de l'enfance au cinéma... Un parcours initiatique potentiellement aussi culte qu'un Zazie dans le Métro mais dont le réalisme, allant de pair avec une profonde tendresse, tente de tracer un portrait aussi percutant qu'émouvant d'une fillette un peu paumée. Une superbe réussite ! Nous avons rencontré la réalisatrice du film, Sylvie Verheyde, qui revient sur son parcours, la genèse du film, le casting de la jeune comédienne et sa collaboration avec Guillaume Depardieu...

Stella est votre troisième long-métrage pour le cinéma mais on pourrait presque le voir comme un premier film par ses aspects autobiographiques et le côté « je me souviens »... Est-ce une histoire que vous avez toujours voulu raconter, cette fillette qui débarque dans un collège, un monde qui lui est complètement étranger ?
S.V : Non... Non en fait j’ai eu l’idée de faire ce film lorsque mon fils est rentré en sixième et j’ai été confrontée aux différences entre sa sixième à lui et la mienne. C’est à dire que nous habitons dans le cinquième arrondissement , il entre dans un excellent collège et le rapport à l’école, les liens entre parents d’élèves et profs, toutes ces choses m’ont ramenées à mes souvenirs. Et de là est arrivé Stella lorsque je me suis posé la question de savoir quelle place avait eu l’école pour moi.

Huit ans que vous n’aviez pas tourné pour le cinéma. C’était une peur de replonger sur un projet ciné ou un besoin de temps pour faire autre chose ?
S.V : C’est un enchainement de choses... En fait, j’ai fait Princesses, ensuite on m’a demandé de faire un Combat de Femme et comme je voulais faire tourner Raphaëla Anderson, qui jouait dans Baise-moi, ça tombait bien puisque le sujet s’y prêtaît donc j’ai dit oui. Il a fallu que je réécrive le scénario donc c’était de la télé mais dans de bonnes conditions. Après, ce film a été censuré, il n’est pas passé sur M6 mais paradoxalement c’est mon film qui a été le plus vu parce que c’était sur les lesbiennes et il a été vendu aux Etats-Unis. Il a fait énormément de festivals et donc il a été beaucoup vu à l’étranger. Ensuite je me suis attaqué à un film qui s’appelle Scorpion, qui m’a pris beaucoup de temps, j’ai fait toute la préparation... Le film avait été écrit pour Joey Starr et en fait, trois semaines avant le tournage, le film s’est arrêté. Ca m’a quand même bouffer quatre ans. Soi-disant Joey Starr n’était pas bankable... Donc on m’a donné le choix de le faire, mais avec un acteur bankable. J’ai longtemps réfléchi et j’ai refusé, vendu les droits de mon scénario et le film s’est fait avec Clovis Cornillac... Voilà.

Pas de commentaires ?
S.V : Non , pas de commentaires (rires). Et puis ensuite j’avais un projet perso, qui partait aussi d’un acteur comme pour plusieurs de mes films, pour Benjamin Biolay... Je sortais de l’expérience Scorpion et Benjamin n’avait jamais tourné au cinéma, je me suis dit que ça allait être la même chose. Donc je suis directement allée vers Arte, comme ça j’étais sûre de le faire sans que l’on me maintienne dans un circuit.
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