The Fisher King - 1991
Je n'ai eu aucun problème sur ce film. Vraiment. Le tournage a été une vraie partie de plaisir. Je crois que c'est le film sur lequel j'ai été le plus heureux.
L'Armée des 12 singes - 1995
Ça s'est très bien passé également. Il y a bien eu quelques frayeurs, quelques problèmes, mais rien de catastrophique. On s'est un peu affronté avec le producteur sur la façon dont on devait conclure le film, mais finalement, on a trouvé un compromis qui a plu à tout le monde. Et puis les avis des spectateurs lors des projections-tests n'étant pas très positifs, le studio voulait changer certains aspects du film, mais j'ai réussi à préserver son intégrité. Et bien m'en a pris puisque le film a fait un carton. Mais vous savez, c'est très bizarre : je déteste Hollywood, je suis tout le temps en train de critiquer Hollywood, et quand je fais un film comme celui-là, qui est très hollywoodien, produit par un gros studio, avec des grosses stars en tête d'affiche et un scénario que je n'ai pas écrit, et bien le film devient un très gros succès, public et critique. En fait, je déteste Hollywood mais, en même temps, je ne peux pas m'en passer ! (rires)

Las Vegas Parano - 1998
Là encore, aucun problème majeur. Il a fallu négocier avec les tenanciers des casinos de Las Vegas pour pouvoir tourner dans leurs murs, mais c'est à peu près tout. Tout le monde a parfaitement collaboré sur ce film. Le seul truc qui a été un peu difficile pour moi, ce fut de réécrire le scénario. Le film est passé entre les mains de nombreux réalisateurs avant moi, et le dernier en date a déclaré forfait en pleine pré-production. J'ai dû reprendre son script et le réécrire entièrement en dix jours ! Et croyez-moi, adapter le bouquin original d'Hunter S. Thompson en dix jours, ce n'est pas une sinécure. Mais finalement, je crois que cette urgence a joué en faveur du film et de son énergie interne.
Les Frères Grimm + Tideland - 2005
Les Frères Grimm a été une expérience difficile, je n'étais pas heureux de travailler sur ce film parce qu'il y avait beaucoup de pression, c'était un très gros budget (qui aurait avoisiné les 100 millions de dollars - ndr) et tout s'est mal passé dès le départ. Dès notre arrivée à Prague, alors que nous allions commencer à tourner, le studio MGM nous a lâchés et a retiré ses billes du projet. J'ai dû rentrer à Hollywood pour rencontrer les frères Weinstein en catastrophe. Ils ont accepté de reprendre les rênes du film. Et là, ça a tourné très vite à la foire aux égos. Ils ont voulu prendre le contrôle du film : ils m'ont imposé l'actrice principale, ont viré mon fidèle directeur de la photographie et ont refusé catégoriquement que je fasse porter un faux nez à Matt Damon. Si vous aviez vu les proportions qu'a pris cette foutue histoire de nez... Si je n'obtempérais pas, Bob Weinstein m'a juré la veille du début du tournage qu'il arrêtait tout et qu'on rentrait à Los Angeles. Et quand ils ont vu mon premier montage, ils ont refusé de le valider, ils voulaient tout remonter. C'en était trop, j'ai claqué la porte et je suis parti tourner mon film suivant, Tideland. Et j'ai bien fait parce que ce tournage a été une vraie respiration, ça m'a aidé à décompresser au milieu de gens agréables, avec qui je pouvais faire un petit film personnel et rapide. Au retour de Tideland, les Weinstein s'étaient calmés et m'ont laissé remonter le film à ma façon.
