Après une longue absence, le cinéaste indépendant Tom DiCillo nous revient au cinéma avec une brillante comédie sur le star-system,
Delirious. De passage à Paris à l’occasion de la sortie du film le 4 juillet, le réalisateur s’est confié avec sincérité et profondeur. Entretien sans strass ni paillettes.
Delirious est seulement votre sixième film. Pourquoi ne tournez-vous pas plus souvent ?J’aimerais bien ! Mais ce sont toujours des problèmes de budget qui font que les films ne se font pas. Le scénario de
Delirious était terminé en 2001 mais personne ne voulait le produire. Le problème aux Etats-Unis, comme ailleurs, c’est que si vous ne faites pas du cinéma de divertissement grand public, vous ne trouvez pas de financements. Il devient de plus en plus difficile de trouver le budget pour tourner quand vous faites du cinéma indépendant.
Est-ce que le film fut plus difficile à financer du fait qu’il traite du show-business ?Non, ce n’est pas le problème. Et puis le film n’est pas vraiment sur le show-business, c’est le décor mais ce qui m’intéresse surtout c’est la relation entre les deux personnages, Les le paparazzi et Toby le jeune homme. Les deux ont un rapport avec la célébrité et la gloire mais c’est la façon dont ils évoluent l’un par rapport à l’autre qui constitue le vrai message du film. La plupart du temps mes films sont mal compris et cela me chagrine aussi un peu.
Vous êtes un cinéaste indépendant. D’où vient votre fascination pour le star-system ?Là encore, ce n’est pas vraiment le star-system en lui-même qui m’intéresse mais les relations psychologiques entre les personnages et leurs luttes intérieures. Cependant, le monde médiatique amplifie ces difficultés intérieures et les rend beaucoup plus visibles et c’est pour cela que j’aime bien observer ce milieu. Je suis fasciné par la fascination de notre époque autour du star-system, autour de la célébrité et de la gloire. Les difficultés de tournage de
Johnny Suede par exemple m’ont inspiré et donné la matière pour écrire et tourner
Ça tourne à Manhattan.