La nourriture semble être très importante dans vos films : la tarte de My Blueberry Nights, la soupe de 2046 … est-ce un moyen de rassembler les gens ?D’abord, j’adore manger, et j’adore les gens qui aiment manger, car ils semblent apprécier la vie. Je ne suis pas sûr que ça soit la même chose en Chine ou dans la culture occidentale : une fille qui partage un repas avec vous, c’est très important, c’est passer du temps avec elle. Un repas peut durer une heure ou plus, vous devez faire un effort pour partager du temps avec quelqu’un. C’est très précieux. Ici, quand vous voulez connaître quelqu’un, vous prenez un verre avec lui plutôt que partager un dîner.
Dans ce film, vous réutilisez certaines techniques, comme le ralenti, seulement, dans In the mood for love, vous utilisiez le ralenti comme pour nous faire sentir la texture de la ville, celle de Hong Kong dans les années 1960. Pourquoi utiliser le ralenti, ici ? Est-ce une façon de dire aux gens « c’est un film de Wong Kar-Wai » ?Non, j’aime ça, c’est tout. Nous tournions dans des espaces très restreints, très difficiles à illuminer, je devais aider à résoudre ce problème. C’est aussi, pour moi, un moment spécial. Le personnage de Jude Law est plein d’humour, dans un sens, il est comique. Mais à certains moments, on ressent ses aspérités.
La musique est-elle une source d’inspiration ? Saviez-vous avant le film quelles musiques vous utiliseriez ?Non, on ne sait jamais vraiment avant ; et puis parfois, sur le tournage, vous pensez à une certaine musique. Il faut parfois changer.
Propos recueillis par Mathilde Durieux
Retranscription par Alexia Soyeux.