Par - publié le 11 octobre 2006 à 10h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h12 - 0 commentaire(s)
Après un premier long-métrage très touchant, Zabou Breitman nous offre un film sensuel, sensitif, pudique et profondément humain, sa vision de l’amour, des choix qu’il nous faut parfois faire. Délicieusement volontaire et d’une généreuse douceur, elle en parle avec sincérité.



Vous avez précisé lors d’une interview que votre première certitude était, à l’origine, juste la direction dans laquelle vous souhaitiez aller, que le reste, au-delà, ne vous appartenait pas, que tout s’imposait alors comme une évidence, que vous cherchiez, vous trouviez, vous oubliiez, vous abandonniez et vous rebondissiez, quelle était cette direction dans laquelle vous souhaitiez aller à l’origine ?
C’est vrai, je le revendique, je fonctionne vraiment comme ça, sans forcément le décider, c’est quelque chose que je constate, que j’ai fini par constater. Si je me souviens bien, parce que j’oublie évidemment, cela finit en effet par ne plus avoir d’importance. A l’origine c’est l’histoire d’un amour, d’un amour romantique entre deux hommes qui m’attirait, dont un n’avait absolument pas prévu de tomber amoureux d’un homme, et l’autre qui n’avait pas prévu de tomber amoureux, avec au milieu une femme délaissée. Après, je me suis effectivement éloignée, le récit part parfois vers autre chose.

Qu’est-ce qui, avec le recul, s’est imposé à vous, qu’est-ce que vous avez découvert ?
Une certaine âpreté, même si certains spectateurs y voient de la douceur. Visiblement j’aime les sentiments très forts et inconsciemment je ne peux pas m’empêcher d’aller vers cette forme de violence, les images s’imposent d’elles-mêmes, de la même manière au théâtre d’ailleurs. Depuis toujours, depuis toute petite, j’ai regardé les choses d’une manière singulière, du point de vue de l’image surtout, de la forme. Ce qu’il en ressort ici d’une certaine façon c’est une apologie de la faiblesse, de la fragilité, de l’imperfection chez l’homme, encore plus que dans mon premier film, sachant que ce qui compte n’est pas forcément d’avoir une réponse, mais plus d’avoir la bonne question. Il me semble qu’il y a une ouverture plus large.



Quelle est justement cette bonne question ?
Celle que je voulais poser était certainement de savoir si l’on est heureux là où l’on est et, en revoyant le film j’ai pris conscience d’une autre question. Faut-il se poser la question ?


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