De Jacques Gamblin on pourrait louer la discrétion. A l'affiche du nouveau Chabrol,
Bellamy, sortie le 25 Février, il est un comédien qui a portraituré avec sensibilité des personnages attachants et d'une belle humanité (comme dans
les Enfants du marais ou dans le récent et très beau
Le Premier jour du reste de ta vie). On l'a vu dans des oeuvres souvent populaires, dans des comédies à succès comme
Pédale douce. On le retrouve régulièrement dans des films extrêmement variés (de
Laissez-passer de Bertrand Tavernier à
l'Enfer de Danis Tanovic en 2005). Toujours en mode mineur et sans ambages, Jacques Gamblin est un comédien attachant.
Débuts (relativement) tardifsIl n'est pourtant pas devenu acteur directement, c'est même un peu par hasard qu'il a abordé cette carrière. Régisseur au théâtre de Rennes, il se décide à monter sur les planches. A la vingtaine passée, il se forme à l'art dramatique et s'y consacre avec passion. De son propre aveu, son enfance fut au grand air et assez peu marquée par le cinéma. Cependant, il attrape alors le virus et débute au théâtre. Sa première apparition télévisée se fait dans une pièce de Marivaux en 1984. Gamblin a 27 ans.
Ses débuts étant assez tardifs, il ne jouera jamais les jeunes premiers. Il débute très humblement dans
Train d'enfer de Roger Hanin au cinéma. C'est véritablement en 1988, dans
Périgord Noir de Nicolas Ribowski que l'acteur est repéré. Il devient alors une figure familière, gravissant méthodiquement les échelons, se consacrant d'abord à des productions télévisées, puis apparaissant dans des Lelouch importants, mais toujours un peu en retrait et au second plan (notamment dans l'étrange variation christique qu'est
La Belle histoire en 1991 ou l'excellent
Tout ça pour ça).
Il a un pied dans le cinéma, trouve du boulot, mais ce n'est qu'un peu plus tard qu'il accède à des rôles plus consistants. Cela commence avec la très belle ode marseillaise de Robert Guédiguian,
A la vie à la mort en 1995, où il se joint à la troupe du cinéaste.
Au Petit Marguery de Laurent Bénégui contait la même année le destin d'un restaurant dans un petit quartier de Paris. Ces chroniques tendres sont un aspect important de la carrière de Gamblin, se prêtant souvent à des oeuvres nostalgiques, chaleureuses et pittoresques.